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"On était dévêtus, on avait froid et on avait faim": Mohamed Badi raconte les camps de harkis sur RMC

Le porte-parole du comité national de liaison des harkis, Mohamed Bardi, était l’invité de Radio Brunet ce jeudi 4 octobre. Il est revenu sur les conditions dans lesquelles les harkis ont été accueillis en France après la guerre d’Algérie.

C'est une victoire judiciaire à lourde charge symbolique: le Conseil d'État a pour la première fois condamné l'État à indemniser un fils de harki pour l'accueil "indigne" réservé aux supplétifs de l'armée française en Algérie à leur arrivée dans l'Hexagone.

Un accueil "indigne" dans les camps dits "de transit et de reclassement" où les harkis sont arrivés dans les années 60 et 70. La plus haute juridiction administrative a donc condamné l'État à payer au requérant 15.000 euros "en réparation des préjudices matériels et moraux" qu'il y a subis.

"On aurait dit qu’on voulait nous cacher"

Juste après la guerre d’Algérie, Mohamed Badi, descendant de harki et porte-parole du comité national de liaison des harkis, est arrivé en France avec ses parents et a été accueilli dans un camp de tentes organisé par l’armée française.

"On nous a parqué dans ce fameux camp qu’on appelle Château de Lascours, dans des tentes militaires. Ces tentes habitaient plusieurs familles à la fois et c’était débrouillez-vous. On était 4 ou 5 familles dans cette tente. On avait un bidon pour aller chercher du café le matin, le même bidon pour aller chercher la soupe à midi et ainsi de suite le soir. Autrement on n’avait absolument rien. On était carrément dévêtu et on avait plus froid et faim qu’autre chose. On aurait dit qu’on était interdit d’école de la République. On aurait dit qu’on voulait nous cacher".

"Nous attendons des excuses"

Pour Mohamed Badi, cette condamnation de l’Etat à verser 15.000 euros de dommages est une "décision apaisante" mais loin d’être suffisante: "Il faut une vraie reconnaissance, nous attendons des excuses".

Radio Brunet (avec C.P)