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Pesticides: "Même en bio on est obligé de traiter les vergers"

Josselin Saint-Raymond, responsable des Relations Filières Association nationale "Pommes\/Poires" a défendu ce lundi dans Radio Brunet la qualité des productions françaises, et rappelé que si on avait "oublié la famine", c'est parce que "nous avons la capacité de protéger nos cultures" par l'usage des pesticides.

Manger est-il devenu dangereux? Entre les crises sanitaires, les scandales comme les lasagnes à la viande de cheval, les pesticides ou les perturbateurs endocriniens dans les fruits et légumes ou le saumon bio il y a de quoi s'inquiéter à chaque bouchée. Même le bio ne serait pas à l'abri, comme l'a révélé une récente étude de 60 Millions de consommateur.

"Non, vous n'êtes pas en danger, tente de nous réconforter Josselin Saint-Raymond, responsable des Relations Filières Association nationale "Pommes/Poires", invité ce lundi de Radio Brunet. Nous ne sommes pas au pays de la malbouffe. Aujourd'hui la sécurité alimentaire en France et en Europe est parfaitement assurée et les consommateurs peuvent manger et croquer des pommes à pleine dents en toute sécurité".

Josselin Saint-Raymond, il est vrai juge et partie, rappelle que les producteurs sont obligés de "traiter" leurs vergers avec des produits phytosanitaires. "Que l'on soit en bio ou en non biologique, on est obligé de traiter", avance-t-il.

"La nature n'est pas aussi bonne et généreuse qu'on veut bien nous faire croire. Si aujourd'hui on a oublié le manque et la famine et que nous ne manquons pas, c'est parce que nous avons la capacité de protéger nos cultures. L'absence de protection nous ferait courir un risque" en faisant baisser la production de fruits et légumes.

"Le nombre de traitements sur une pomme est relativement élevé"

"Le nombre de traitements ne veut pas dire grand-chose. Que l'on soit sur une production bio ou non, le nombre de traitements pour la pomme est relativement élevé parce qu'on est sur un cycle de production très long, concède le représentant des producteurs de pommes et de poires. On est obligé de traiter et de protéger le verger, mais tout comme vous allez vous protéger, vous, au quotidien: quand on va faire une application de calcium par exemple sur un verger – on considère que c'est un traitement mais c'est une molécule tout à fait inoffensive -, c'est comme quand vous vous protégez le matin avec une crème. Donc ça n'a pas de sens de regarder le nombre de traitements ou d'opposer les modes de production".

"Il ne faut pas remettre en cause la sécurité sanitaire de l'alimentation et de la réglementation européenne, elle est excellente et au plus haut niveau de ce qui existe dans le monde".

"Il faut avoir en tête que les producteurs sont avant tout des citoyens responsables qui mettent tout en œuvre pour produire le mieux possible et offrir le meilleur produit possible aux consommateurs, tout en respectant des impératifs économiques, puisque s'ils ne gagnent pas leur vie avec leur production ils ne pourront pas continuer à assurer cette production", conclut Josselin Saint-Raymond.

Philippe Gril avec Pascal Perri