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Suicide d’un infirmier à l'hôpital Pompidou: "les pouvoirs publics sont dans le déni"

Un an après le suicide de Jean-Louis Mégnien, cardiologue à l’hôpital Georges-Pompidou, un infirmier s’est défenestré dans la nuit de dimanche à lundi, sans le même établissement. Bernard Granger, vice président de l’association Jean-Louis Mégnien, dénonce une institution et des pouvoirs publics dépassés.

L’hôpital Georges-Pompidou est de nouveau en deuil. Un nsoignant s’est suicidé en sautant du 8ème étage de l’hôpital, lundi De quoi rappeler la mort de Jean-Louis Mégnien, cardiologue et père de famille de 54 ans qui s’était lui aussi jeté par la fenêtre. Invité de Radio Brunet, Bernard Granger est le vice-président de l’association Jean-Louis Mégnien, qui lutte contre le harcèlement moral et la maltraitance au seine de l'hôpital public. Selon lui, l’institution peut parfois être dangereuse voire mortelle.

"Il y a ce que l’on appelle la maltraitance institutionnelle. Concrètement, l’organisation, le management, la répartition des tâches et du pouvoir peuvent devenir maltraitants. Ça a été étudié par des sociologues du travail. C’est vrai que les phénomènes de suicide sur les lieux du travail sont récents et sont la partie la plus tragique de cette maltraitance. Tout ce que disent les soignants pourraient être dit par les médecins. Il y a de plus en plus de témoignages de médecins et d’urgentistes qui parlent de ces difficultés d’exercice de leur travail."

Le vice président de l'association dénonce des pressions institutionnelles très fortes qui produisent une mauvaise pratique de la médecine. "Il y a des pressions économiques d’un côté et de l’autre les valeurs que les soignants sont censés porter. Il y a aussi ce que l'on appelle la souffrance éthique. C'est un tiraillement entre l’hôpital, qui veut rattraper son déficit par des moyens peu avouables, et les moyens hippocratiques que portent les médecins et les soignants en général. Les pouvoirs publics sont dans le dénis de ces difficultés."

Radio Brunet (avec A.B.)