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Arbitrage vidéo au Mondial: l'arbitre Joël Quiniou défend cette nouveauté avec l’exemple de Maradona

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L'arbitrage sera plus que jamais scruté lors de la Coupe du monde qui s'ouvre ce jeudi en Rusiie. pour la première fois, l'arbitrage vidéo sera utilisé, avec ses avantages et ses défauts.

C'est une grande nouveauté pour cette Coupe du monde. L'arbitrage vidéo sera utilisé pour la première fois dans un Mondial pour venir en aide aux arbitres de terrain. Attendue par certains comme la solution miracle aux erreurs d'arbitrage qui parsèment la légende de la Coupe du Monde, ou vue par des "puristes" comme une aseptisation d'un jeu humain, la vidéo est attendue au tournant par avocats et contempteurs.

Son impact sur le rythme des rencontres sera scruté, d'autant que la Fifa a opté pour le "modèle allemand" de la VAR, avec un centre opérationnel unique à Moscou, relié à tous les stades par fibre optique.

"Main de dieu": "On n’a pas fait le procès de Maradona, on a fait le procès de l'arbitre et j’ai trouvé ça déplacé"

Le consultant arbitrage de RMC Joël Quiniou était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi. L'ancien arbitre international est favorable à la vidéo et explique que c'est un match entré dans la légende du sport qui l'a convaincu: le quart de finale de la Coupe du monde 1986, Argentine-Angleterre (2-1), marqué par "La main de dieu" de Diego Maradona. "C’est là que j’ai pris conscience qu’il fallait aider les arbitres", assure-t-il avant de détailler ce que pourrait apporter la vidéo.

"J’étais au stade Aztec. Le seul à ne pas avoir vu la main était Ali Ben Nasser, l’arbitre tunisien de la rencontre. J’étais très proche de lui et c’était terrible de le voir à la fin du match qui pleurait et disait: “Pourquoi fait-on mon procès?”. On n’a pas fait le procès de Maradona, on a parlé de “main de dieu”, on a fait le procès de l'arbitre et j’ai trouvé ça complètement déplacé."

"Face à ces tricheries, la vidéo peut effectivement apporter un plus"

Avec les nouvelles règles, les joueurs peuvent être sanctionnés a posteriori, après les matches si des actes ont échappé à l'oeil des arbitres durant la rencontre.

"A ce moment-là on aurait pu suspendre Maradona, et c’est vrai que des sanctions un peu dissuasives auraient pu profiter à l’esprit du jeu. Malheureusement on est là et on voit bien avec les réseaux sociaux, à chaque fois on charge l’arbitre au lieu de charger les simulateurs et les tricheurs. C’est pour cela que, face à ces tricheries, la vidéo peut effectivement apporter un plus."

D'autres reprocheront à Joël Quiniou que si on avait sanctionné la main de Maradona grâce à la vidéo, on n'aurait jamais eu cette histoire de légende à raconter. A l'arbitrage vidéo de convaincre sur ce Mondial que ce peut être un outil utile pour le football.

J.A. avec Bourdin direct