RMC

Baisse des dons des Français: "On a tendance à moins s'ouvrir sur le monde"

Les associations font face à une réelle difficulté pour renouveler les donateurs, dont le nombre ne cesse de baisser. Les Français âgés de moins de 30 ans feraient partie des moins généreux.

La générosité des Français serait-elle en déclin? Selon le baromètre annuel du réseau Recherches & Solidarités, le nombre de foyers ayant déclaré au fisc un don à une association a diminué de 4,2 % en 2016 par rapport à l'année précédente. Parmi les tranches d'âges les moins donatrices, se trouvent les jeunes âgés de moins de 30 ans, qui ne représentent que 4% des donateurs.

"On ne sait pas où les dons vont finir"

Vincent, 20 ans, fait partie de cette jeunesse qui a délaissé les dons aux associations: 

"C’est plus difficile de donner à une association parce qu’on ne sait pas où les dons vont finir. Alors que donner à un SDF, c’est plus concret", se justifie-t-il.

Selon Benjamin, le recul du nombre de dons chez les jeunes serait causé par des facteurs générationnels.

"Il y a des nouvelles générations qui arrivent et qui sont peut-être plus centrées sur elle-même. Avec les réseaux sociaux et les nouvelles technologies on a tendance à plus s’enfermer, et à moins s’ouvrir sur le monde", explique-t-il.

"Si vous voulez agir vous pouvez le faire tout de suite"

La start-up Commeon, qui propose des dons en ligne, vient en aide à 30 associations et ONG qui tentent de rajeunir leur panel de donateurs. Pour Thérèse Lemarchand, la patronne de cette plateforme, utiliser Internet serait la clé pour attirer la jeune génération.

“Cette génération souhaite agir quand elle veut, où elle veut et comme elle veut" constate-t-elle. "Quel que soit l’endroit où vous êtes, si vous voulez agir vous pouvez le faire tout de suite grâce à cette plateforme de façon extrêmement rapide". 
"Si vous devez vous arrêter pour imprimer un papier, remplir un bordereau et le mettre à la Poste… Lors de toutes ces différentes étapes vous allez vous arrêter parce que vous allez passer à autre chose, et finalement le don ne va pas se faire”, ajoute-t-elle.

Et le défi est de grand ampleur: aujourd'hui, seuls 8% des dons sont réalisés sur Internet.

Benjamin Smadja avec Céline Penicaud