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"C'est un pays divisé": à quelques jours de la présidentielle aux Etats-Unis, le constat de nos reporters sur place

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A moins de 10 jours de la présidentielle, on retrouve nos envoyés spéciaux aux Etats-Unis, Nicolas Ropert et Caroline Philippe.

Ils viennent de traverser cinq Etats, de la Floride à la Virginie, au nord Est du pays. Mais ce qui a frappé Caroline Philippe, reporter RMC, c’est la division qui règne dans le pays.

“La division la plus évidente, c’est celle qu’on a observé entre les villes et les campagnes. D’un côté le monde rural majoritairement pro Donald Trump et de l’autre, des zones urbaines démocrates pro-Joe Biden. C’est flagrant en voiture quand on passe devant les maisons. Aux Etats Unis, en cette période électorale, chacun a sa petite pancarte plantée dans son jardin pour afficher son soutien à l’un ou l’autre camp”, explique-t-elle. 

“Sur les routes que nous avons empruntées, par exemple dans l’Etat de Géorgie, devant les ranchs et les fermes, dans les zones rurales, quasi aucun signe pro Biden. On ne voyait que des drapeaux américains et le nom de Donald Trump partout. En revanche dans la capitale de cet Etat à Atlanta, nous n’avons eu aucune difficulté à rencontrer des habitants pro-démocrate, au contraire. Donald Trump semble détesté”, précise-t-elle. 

Une division entre communautés

Ça, c’est pour l’aspect géographique, mais il y a aussi des divisions par communauté. Les latinos ou les afro-américains soutiennent en majorité Joe Biden. 

“Depuis 10 jours, on a l’impression de découvrir deux camps qui se méprisent le plus souvent et la personnalité de Donald Trump accroît ce fossé. Soit on l’aime soit on le déteste. Alors certains Américains nous ont confié ne pas parler politique avec leurs proches pour éviter de se fâcher comme cette jeune étudiante à Atlanta. Elle votait par courrier pour ses colocataires sans savoir quel bulletin avait été glissé dans l’enveloppe”, explique Caroline Philippe. 

Cette division témoigne de deux conceptions de la société américaine. 

“La pandémie semble avoir accru les priorités de chaque camp. Les plus fragiles dans la société, les pauvres, les travailleurs précaires, les minorités attendent de l’état une forme de protection. Une assurance santé par exemple. Ca parait dingue en France, mais on a rencontré à Miami un jeune homme qui avait 6000 dollars de dettes après s’être fait renverser par une voiture. Ceux-là espèrent donc voir Joe Biden élu président. Dans le camp républicain au contraire, la priorité, c’est l’économie. Ne pas reconfiner le pays, le business avant tout. C’est un de leur grand argument. Un pays doit être géré comme une entreprise que ça soit un producteur de myrtilles en Georgie ou pour un retraité aisé de Floride. C’est ce qui fait de Donald Trump le candidat idéal à leurs yeux pour quatre ans supplémentaires”, ajoute-t-elle.