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Couleurs de tatouages interdites: "Aujourd'hui, tous les tatoueurs de France sont hors-la-loi", déplore Tin-Tin

Parmi les couleurs désormais interdites pour les tatouages, le bleu, le vert, le violet ou encore certains rouges. La grande majorité des tatoueurs ne comprend pas ces nouvelles normes.

C'est la fin pour de nombreuses couleurs d'encres de tatouages. Depuis ce mardi, les tatoueurs ne peuvent plus utiliser certaines couleurs jugées toxiques pour la santé.

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"Le fameux principe de précaution qui emmerde tout le monde"

C'est une réglementation européenne qui interdit désormais 25 pigments et limite l'utilisation de 4.000 substances dans les encres de tatouage. Le Syndicat national des artistes tatoueurs dénonce une précaution sanitaire disproportionnée et indique que 5 à 10 ans sont nécessaires pour élaborer une encre de tatouage sûre et stable.

“Non, ce n'est pas toxique. Il faudrait une étude qui nous prouve cette toxicité. On nous applique le fameux principe de précaution qui emmerde tout le monde depuis des années et aujourd'hui, tous les tatoueurs de France sont hors-la-loi”, explique sur RMC le célèbre tatoueur Tin-Tin, président du syndicat.

Il estime que ces pigments interdits représentent environ 70% de la gamme de couleurs utilisée par le tatoueur. “C'est aussi tous les noirs et les couleurs qui existent. On nous interdit de travailler avec l'essence même de ce qui fait notre travail, et on n'a aucune solution ni pigment de remplacement”, déplore-t-il.

Les pigments "très contrôlés"?

Il insiste en faisant une comparaison avec l’industrie du tabac. “La cigarette, ce n’est pas potentiellement cancérigène, c’est cancérigène, on le sait depuis longtemps et pourtant, c’est toujours en vente libre. Tout est potentiellement cancérigène si on part de ce principe-là. Moi, j’ai 40 ans de métier, des petites allergies, il y en avait dans les années 80-90, mais les nouveaux pigments ont tellement évolué, sont tellement contrôlés donc il n’y a pas de problème de ce côté-là”, assure-t-il.

Une pétition pour le maintien de ces pigments a déjà recueilli plus de 175.000 signatures. Le syndicat craint que cette interdiction génère à l'avenir de la clandestinité.

Bettina de Guglielmo avec Guillaume Descours