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Crash de l'A320: à Seyne, les habitants s’organisent pour accueillir les familles des victimes

Alors que des autocars en provenance d'Allemagne et d'Espagne étaient attendus cette nuit, au total, selon un élu municipal de Digne, ce sont plusieurs centaines de personnes qui convergeront vers Seyne-les-Alpes et Le Vernet. Sur place, RMC a rencontré des habitants qui ont proposé leur logement par solidarité.

Un peu moins de 48 heures après le crash de l'A320 de la compagnie allemande Germawings, la liste précise des 150 personnes à bord n'est toujours pas connue. Mais les premiers corps ou restes des victimes de l'accident de l'Airbus A320 ont été hélitreuillés ce mercredi par les équipes de secours sur le lieu du drame. De plus, plusieurs familles des victimes sont attendues ce jeudi au plus près des lieux de la catastrophe. Ainsi, deux autocars en provenance d'Espagne devaient arrivés cette nuit à Digne, où un dispositif d'accueil a été mis en place.

Au total, selon un élu municipal de Digne, ce sont plusieurs centaines de personnes qui convergeront vers Seyne-les-Alpes et Le Vernet. Sur place, RMC a rencontré des habitants qui ont proposé leur logement par solidarité. C'est le cas de Gilbert qui, dès qu'il a appris le drame, n'a pas hésité : il compte mettre à disposition "une chambre d'une douzaine de mètres carrés avec un lit deux places". Sa manière à lui d'aider les proches des victimes alors qu'il assiste, impuissant, depuis mardi aux allers-retours incessant des hélicoptères.

"Ça nous semble tout à fait normal"

"C'est la chambre de notre fille. Ce n'est pas un hôtel grand luxe mais si ça peut rendre service, on est prêt à la laisser", confie-t-il dans Bourdin Direct. "Ça nous semble tout à fait normal. On s'imagine que si ça nous arrive aussi dans un pays étranger, on serait ravis que des gens nous accueillent", poursuit-il. D'autant plus que Gilbert "parle un peu allemand ce qui permettra peut-être d'échanger. Mais l'important c'est d'apporter de la chaleur, en tout cas de la solidarité. Après c'est tellement tragique que ça se partage difficilement".

C'est l'inquiétude de ces habitants volontaires: que dire aux proches des victimes? Comment leur parler ? Christelle a proposé sa maison, mais surtout, sa présence. "Il ne faut pas dire grand-chose. Je pense qu'il faut être là, c'est tout. C'est au-delà des mots, estime-t-elle sur RMC. La montagne demande une présence, une solidarité de tous les jours. On a envie de faire quelque chose, d'aider mais on ne peut pas car on n'a aucune spécialité en la matière. La seule chose qu'on peut faire, c'est donc de proposer notre maison". Comme Christelle et Gilbert, des dizaines d'habitants de la vallée sont prêts à épauler les familles des victimes le temps qu'il faudra.

Maxime Ricard avec Pierre Rigo