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Crash de l'A320: "J'avais l'impression que leurs vies s'étaient arrêtées, elles aussi"

Les familles des victimes se sont recueillies hier non loin des lieux du crash

Les familles des victimes se sont recueillies hier non loin des lieux du crash - Céline Martelet

Les familles des victimes du crash de l'A320 de la compagnie Germanwings se sont recueillies ce jeudi à Seyne-les-Alpes et au Vernet, non loin des lieux où s'est écrasé l'appareil.

L'enquête sur le crash de l'A320 de Germanwings a rebondi jeudi avec la mise en cause par le procureur de Marseille d'Andreas Lubitz, copilote de l'avion, qui a "volontairement" précipité l'appareil au sol. Au même moment, les familles des victimes se sont recueillies à proximité des lieux où s'est écrasé l'appareil. Les proches de membres de l'équipage de l'avion étaient à Seyne-les-Alpes et les familles des passagers au Vernet, à quelques kilomètres de distance.

"Vraiment très douloureux"

Alors qu'une stèle a été érigée au milieu d'un immense champ de la commune du Vernet, en face de la montagne, au milieu des roses blanches, des dizaines de bougies ou encore des clichés d'un père avec ses deux fillettes, Joséphine, qui a assisté à la détresse des familles des victimes, raconte. "Quand on voit des centaines de personnes arrivées en larmes et qui d'un seul coup regardent les montagnes et pleurent encore plus alors que nous avant on la regardait avec le sourire… C'était vraiment très douloureux…", témoigne-t-elle pour RMC.

Elle ajoute: "J'avais l'impression que leurs vies s'étaient arrêtées, elles aussi. Plusieurs ont pleuré tout le temps, à chaudes larmes, criaient même parfois… Ça m'a beaucoup touché parce qu'un Espagnol nous a vivement remerciés alors que lui était en pleurs." Thierry Ballet est secouriste à la Croix Rouge et était présent dans la chapelle ardente à Seyne-les-Alpes pour la cérémonie œcuménique. Il a lui aussi vu l'immense tristesse des familles des victimes.

"Quelle horreur !"

"Il y avait beaucoup de pleurs, des embrassades… Mais dans cette situation, les gens s'expriment peu. Pour l'instant, ils sont plus encore dans le déni, renfermés sur eux-mêmes mais aussi très soudés. Le fait de venir ici leur a permis, malheureusement, d'au moins localiser la montagne où le drame a eu lieu…", explique-t-il dans Bourdin Direct.

Mais au milieu de ces hommages et alors que l'émotion est à son comble, une voix détonne. Il s'agit de celle de Claude, le frère de Christian, la victime belge du crash. Il n'a que l'enquête et les conclusions des enregistrements en tête. Elles le choquent: "C'est l'horreur, affirme-t-il à RMC. Je suis certain, je suis persuadé que les gens situés près des hublots ont vu le sol approché… Après vous voyez un pilote en train de défoncer la porte du cockpit avec tout ce qui lui tombe sous la main… Ce n'est pas une situation normale. Mettez-vous à la place de ces gens, quelle horreur ! Mais quelle horreur de voir arriver sa mort !"

M.Ricard avec P.Rigo et A.Perrin