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Deuxième journée de solidarité: "Qu’on arrête de nous bassiner et de nous mentir!"

Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce mardi 17 avril, s’est fermement opposé à la piste évoquée par Emmanuel Macron d’instaurer une seconde journée de solidarité.

Face au "choc démographique" du vieillissement, Emmanuel Macron s'est engagé lors de son interview sur RMC, BFMTV et Mediapart, à s'atteler au chantier du financement de la dépendance, évoquant comme pistes une deuxième journée de solidarité ou la création d'un cinquième risque au sein de la Sécurité sociale.

Instaurée après la canicule de l'été 2003 qui avait fait 15 000 morts en France, la journée de solidarité, initialement fixée au lundi de Pentecôte, est une journée travaillée mais non payée. Depuis 2008, les employeurs peuvent l'organiser comme ils le souhaitent, certains optant pour la suppression d'un jour de congé ou de RTT, d'autres en faisant cadeau à leurs salariés.

"Je vise Emmanuel Macron mais aussi les pouvoirs précédents"

Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, pour qui "tout travail mérite salaire" a exprimé ce mardi 17 avril dans la matinale de Jean-Jacques Bourdin, son opposition à cette "fausse piste".

"Si je déroge à ce principe c’est une journée, deux journées, trois journées… Ça n’a plus de sens. Mais que sur mon travail, sur ma rémunération, je paye des impôts qui permettent de financer la dépendance, oui".

"Doubler une taxe c’est doubler un impôt indirect"

Une idée relativement à contre-courant des propos d’Emmanuel Macron, qui a promis ce dimanche 15 avril qu’il n’y aurait "pas de nouvel impôt national". Pourtant, pour le vice-président, la journée de solidarité constitue d’ores et déjà, un prélèvement pour les Français.

"Aujourd'hui cette journée dite de solidarité c’est quoi? C’est un prélèvement mensuel de 0,3% sur la fiche de paye. Quand je dis, je vais faire une autre journée, je vais doubler cette taxe sur les salaires. Doubler une taxe c’est doubler un impôt indirect. Alors qu’on arrête de nous bassiner et de nous mentir ! Je vise Emmanuel Macron mais aussi les pouvoirs précédents".

"C’est totalement indécent"

L’une des solutions avancées par Joseph Thouvenel, serait de rediriger une partie de l’impôt pour financer la dépendance. Pour lui, une seconde journée de solidarité est un choix trop facile de la part des politiques.

"La grandeur des politiques c’est de bosser et de prendre leurs responsabilités, pas la facilité. La facilité c’est de dire à celui qui s’est levé ce matin pour faire le ménage, on va te faire travailler une journée supplémentaire sans être rémunéré. C’est totalement indécent".
Bourdin Direct (avec C.P.)