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Dropped: "Ils ont la preuve que l'on peut mourir en 191 secondes"

Des enquêteurs français sur les lieux du crash en mars dernier, à La Rioja en Argentine.

Des enquêteurs français sur les lieux du crash en mars dernier, à La Rioja en Argentine. - AFP

TEMOIGNAGE - Une erreur de pilotage est à l'origine de l'accident d'hélicoptères ayant coûté la vie à 10 personnes le 9 mars dernier sur le tournage en Argentine de l'émission de télévision "Dropped", selon le rapport du BEA argentin diffusé jeudi. Une nouvelle qui n'apaise pas la douleur de Bénédicte, la mère d'une des victimes.

Une erreur de pilotage serait à l'origine de l'accident d'hélicoptère qui a coûté la vie à deux Argentins et huit Français, dont plusieurs grands sportifs, lors du tournage de l'émission d'aventure "Dropped", affirme la JIAAC, l'équivalent argentin du BEA français, qui a rendu son rapport d'enquête ce jeudi. Selon les enquêteurs argentins, il y a eu un "défaut d'appréciation des pilotes de la proximité ou du manque de séparation de leurs aéronefs respectifs", entraînant "la collision sans aucune tentative de manœuvre d'évitement".

Mais après neuf longs mois d'attente, cette nouvelle est loin d'apaiser Bénédicte, la mère de Lucie, une journaliste tuée dans l'accident. "C'est un peu l'enfonçage d'une porte ouverte, estime-t-elle sur RMC. On a bien vu que les pilotes se rentraient dedans donc on se dit: 'Qu'est-ce que cela peut être d'autre qu'une erreur de pilotage?'". Le rapport précise que les pilotes étaient aguerris mais pas formés pour ce type de vol à deux hélicoptères.

"C'est épouvantable"

Un vol organisé en moins de 24 heures, sans plan défini. Bénédicte ne comprend pas. "Pourquoi prennent-ils de tels risques avec les gens ? Pourquoi ont-ils voulu faire ça au rabais? Est-ce qu'ils ne se sont pas rendu compte du danger que pouvait représenter ce type de vol, même pour quatre minutes?", questionne-t-elle. "Et d'ajouter: "Ils ont la preuve que l'on peut mourir en quatre minutes. Même en 191 secondes puisqu'ils sont morts à la cent quatre-vingt-onzième secondes…"

A 37 ans, sa fille Lucie a laissé derrière une famille toute entière: "Son mari, ses enfants de 4 et 7 ans. C'est épouvantable ! Ils n'ont pas de mère, c'est atroce. Je ne peux même pas en parler…" C'est donc la douleur d'une mère mais aussi sa colère. Si aujourd'hui Bénédicte connait les causes de l'accident, elle veut désormais que les responsabilités de chacun soient déterminées.

M.R avec Amélie Rosique