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Dupin Quotidien: la consigne des bouteilles plastiques en débat

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Le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire est examiné au Sénat à partir d'aujourd'hui. Une proposition fait débat: la consigne des bouteilles plastiques.

Le principe: en achetant votre bouteille d'eau ou de soda, vous payez entre 10 et 15 centimes supplémentaires qui vous sont remboursés lorsque vous ramenez la bouteille vide.

Pour le ministère de la Transition écologique, monétiser les emballages doit nous inciter à les collecter. Brune Poirson veut ainsi récupérer plus de 13 milliards et demi de bouteilles en plastique chaque année.

Elle veut également atteindre les objectifs européens de 90% de recyclage d’ici dix ans. Mais nous n’en sommes pour l’instant qu’à 57%. La consigne fonctionne chez nos voisins. Aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède, ils dépassent même les objectifs de collecte. 

Les communes craignent cette nouvelle mesure...

D’abord parce que nombre d'entre elles ont déjà investi pour se mettre aux normes avant la nouvelle consigne de tri simplifié qui doit entrer en vigueur en 2022. Et surtout, avec le système actuel, ce sont les mairies qui collectent le plastique et le revendent aux centres de tri. 350 euros la tonne. D'après le Sénat, elles pourraient perdre jusqu'à 150 millions d'euros. 

Mais le gouvernement leur a donné des garanties hier. Avec un nouvel amendement. Il prévoit d'abord que la consigne des plastiques collectés via les poubelles jaunes leur sera reversée. Pour le reste du plastique collecté, leur manque à gagner devrait être compensé par l'Etat. 

Autre point d’inquiétude: ce que les industriels ont à y gagner

Le sujet, c'est qui va récupérer ce plastique collecté ? Est-ce que ce sont les industriels qui vont donc pouvoir refabriquer des bouteilles ? Et vont-ils récupérer l'argent de la collecte également ? 

Un rapport présenté à Brune Poirson il y a deux semaines, préconise donc de créer un éco-organisme qui gèrerait la consigne et serait sanctionné si l'objectif de retour des produits consignés n'est pas atteint.

L'enjeu est énorme: pour 15 centimes de consignation, si le taux de "non-retour" est de 10 % l'éco-organisme conserverait 250 millions d'euros.

Anaïs Bouitcha