RMC

200.000 salariés "placardisés" en France: une "pratique" qui coûte cher

C'est une pratique de plus en plus courante et qui s'apparente pourtant à du harcèlement moral: "placardiser un salarié". C'est-à-dire le fait de mettre un collaborateur de côté. Le but est de le pousser à bout et l'amener à démissionner pour économiser le coût du licenciement.

Selon une étude réalisée par l’institut Kantar pour l’Institut Montaigne, 200.000 personnes sont aujourd’hui mises au placard dans leur entreprise. Alors qu’est-ce qu’un salarié mis au placard?

C’est un salarié dont le poste est progressivement vidé de son contenu par l’employeur qui veut se débarrasser de lui. On lui assigne des tâches insignifiantes, quasiment vides de sens, on l’exclut du collectif de travail et de la hiérarchie.

Le but c’est que le salarié craque et démissionne, pour éviter le coût du licenciement par exemple. Une pratique qui relève du harcèlement moral il faut le rappeler.

Tous les profils et tous les secteurs semblent être touchés. Les femmes, en revanche, apparaissent un peu plus souvent victimes de cette pratique que les hommes.

10 milliards d'euros par an

Et c’est une pratique qui coûte cher. Estimé à 10 milliards d'euros par an, ce coût intègre, en premier lieu, les salaires versés aux travailleurs pour des tâches quasi-inexistantes.

Mais cette pratique a aussi un coût indirect. Elle n'est pas sans conséquences pour la santé des salariés concernés, ce qui peut les pousser à prendre des arrêts de travail à répétition. Un surcoût pour l'Assurance maladie qui est également intégré au calcul de l'Institut Montaigne.

Emmanuel Lechypre