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CAC 40: les versements de dividendes aux actionnaires en hausse, les salaires des employés stagnent

Jamais les entreprises du CAC 40 n'avaient dégagé autant de bénéfices. Pourtant, les salariés de ces grands groupes, eux, ne voient pas vraiment de changement sur la fiche de paie.

Quand il regarde sa fiche de paie, Stéphane ne voit pas vraiment de changement. Certes, son salaire d'ouvrier chez Nestlé a légèrement augmenté mais la différence est minime: "Sur un salaire mensuel de 2500 euros, ça ne fait même pas 25 euros", peste-t-il au micro de RMC.

Pourtant, même si l'usine dans laquelle il travaille connaît quelques difficultés, les résultats de Nestlé sont très bons. Les dividendes versés aux actionnaires ont d'ailleurs augmenté de quasiment 4% cette année.

Et la bonne santé financière est générale. Jamais les entreprises du CAC 40 n'ont dégagé autant de bénéfices. Les profits cumulés des entreprises françaises cotées en bourse devraient dépasser les 137 milliards d'euros pour l'année 2021, d'après les projections de Bloomberg. Des chiffres qui relancent la question de la redistribution, alors que le pouvoir d'achat s'impose comme un thème central de la campagne présidentielle.

"On nous prend pour des cons"

Mais pour les syndicats, la redistribution ne se voit pas. Ils appellent les salariés à se mobiliser dès lundi prochain. "On nous prend pour des cons. Il y a une inflation qui est de 2,8%, il pourrait y avoir un effet de solidarité. Ça démotive", déplore Stéphane.

La frustration est présente aussi chez BNP Paribas, la banque qui a versé plus de 2 milliards d'euros aux actionnaires pendant que les salaires n'ont augmenté que de 0,6%. "Les salariés sont extrêmement impliqués. C’est aussi la raison pour laquelle notre entreprise fait d’aussi bons résultats", peste Rémi Gandon, délégué syndical au sein de la banque.

Il faudrait mieux redistribuer, implore Louis Maurin, de l'Observatoire des inégalités: "Aujourd’hui, l’imposition des profits, c’est un taux fixe. On pourrait imaginer un système plus progressif en fonction du profit, comme l’impôt sur le revenu". Mais cette proposition, plus taxer les profits des grands groupes, le gouvernement l'a encore rejetée en début de semaine.

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Martin Bourdin (avec G.D.)