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Carburant: Charles Consigny tacle "l'indécence de Total et son PDG"

Alors que la grève dans les dépôts et raffineries de pétrole continue, l'avocat Charles Consigny estime que TotalEnergies doit faire un effort face aux revendications de la CGT, qui ne veut pas des premières hausses de salaires proposées.

Pas d'amélioration à l'horizon. La grève dans les raffineries se poursuit et les stations-service manquent toujours de carburant. Malgré un accord entre la direction de Total et les syndicats majoritaires, portant sur des hausses de 7% des salaires et 3.000 à 6.000 euros de primes, la CGT elle n'en veut pas, réclamant 10% d'augmentation.

Et si la situation se tend et que les files d'attentes s'allongent à la pompe, le responsable est tout trouvé pour le ministre de l'Economie: c'est bien la CGT. "Le blocage du pays par la CGT, ça mérite un mauvais point", a-t-il assuré ce lundi sur RMC et BFMTV, avant de traiter avec beaucoup plus de mansuétude les patrons français à commencer par celui de TotalEnergies Patrick Pouyané.

"Ne comptez pas sur moi pour distribuer les bons et les mauvais points aux patrons français. Ce n'est pas au ministre de l'Economie de distribuer les bons et les mauvais points aux patrons français. Je ne suis pas ici pour ajouter de l'huile sur le feu", a-t-il assuré, déplorant une atteinte à une liberté fondamentale, "celle de se déplacer".

52% d'augmentation pour le PDG de TotalEnergies

"Je trouve insensé qu’on se retrouve sans électricité, sans gaz, sans essence et bientôt sans transports en commun. Je trouve assez dingue ce que l’on a pour la monnaie de notre pièce en échange des impôts qu’on paye", a renchéri dans la foulée, sur le plateau des "Grandes Gueules", l'avocat Charles Consigny.

Mais il estime que le groupe TotalEnergies devrait faire plus d'efforts: "Total doit faire des efforts pour les salariés. Ils ont donné 7% de hausse des salaires mais le PDG Patrick Pouyanné s’est augmenté de 2 millions d'euros", soit 52% pour un salaire annuel de 5,944 millions d'euros.

"Je ne vais pas défendre des gens qui prennent le pays en otage mais on n’a pas demandé grand-chose à Total et cette grève permet de mettre en lumière l’indécence d’un groupe et d’un dirigeant qui n’ont pas envisagé un instant, quand ils ont dégagé des superprofits, d’en donner un peu aux salariés", poursuit Charles Consigny.

Le gouvernement hausse le ton

"TotalEnergies, c'est une entreprise d'Etat, personne n'a pris le moindre risque, personne n'a entrepris auprès de Total, personne n'a pris le moindre risque", ajoute l'avocat, a contrario "du gars qui respire des produits chimiques toute la journée".

Face à la grève, la patience du gouvernement semble avoir atteint ses limites. Après avoir engagé les réquisitions de salariés, Bruno Le Maire a appelé à "libérer" dépôts et raffineries au plus vite. "Le temps de la négociation est passé. Il y a eu une négociation, il y a eu un accord, cela veut dire qu'il faut que force reste à la voix majoritaire", a-t-il estimé toujours sur RMC et BFMTV.

G.D.