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Comment Emmanuel Macron veut réévaluer les budgets de la Défense

La France et l'Europe sont entrées dans une "économie de guerre". C'est ce qu'Emmanuel Macron a déclaré lundi dernier au salon de l'armement Eurosatory. Le chef de l’État a même annoncé un ajustement des moyens de nos armées aux menaces, sur fond de guerre en Ukraine.

Sur le salon de l’armement Eurosatory, Emmanuel Macron a annoncé un ajustement “des moyens de nos armées aux menaces", sur fond de guerre en Ukraine. Le président de la République a en effet annoncé son intention de réévaluer les budgets prévus dans la loi de programmation militaire 2019-2025. La Défense va bénéficier de trois milliards d'euros supplémentaires par an pour porter le budget à 50 milliards en 2025.

Mais l’ambition va bien au-delà de la distribution d’argent. Elle consiste à réorganiser nos industries de la défense pour à la fois augmenter nos cadences de production, et nos capacités de production.

La Direction générale de l'armement (DGA) travaille sur une version française du modèle développé par les Américains depuis les années 50, qui consiste à réquisitionner dans certaines circonstances des matériaux ou des entreprises civiles pour les besoins militaires.

Reconstituer les stocks de munitions, une priorité

Avec ce dispositif, l'Etat pourrait imposer aux entreprises qui travaillent à la fois dans le civil et le militaire de privilégier l'activité défense en utilisant les lignes de production civiles. Plusieurs milliers d'entreprises seraient concernées avec en tête Thales, Dassault Aviation ou Aubert & Duval.

L’urgence, c’est aussi de reconstituer les stocks d’armes et de munitions. En mars dernier, les travaux du Sénat montraient qu'en cas de conflit de haute intensité, le stock de munitions des armées françaises ne permettrait de tenir que quelques jours.

Il faudra au moins trois ans pour reconstituer nos stocks stratégiques. Et un rapport parlementaire estime qu’il en coûterait entre 3 et 6 milliards d’euros, en plus des 3 milliards de la loi de programmation militaire.

Il faut en effet compter quelques milliers d'euros par obus d'artillerie, près de 200.000 euros pour un missile antichar MMP/Akeron, 132.000 euros pour un missile anti-aérien Mistral, selon des estimations de l'Institut français des relations internationales.

Emmanuel Lechypre