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Faut-il interdire les croisières? "Ce tourisme, c'est du bétail"

De nombreuses municipalités entrent en lutte contre les paquebots de croisière, qui charrient chaque jour des milliers de touristes et sont à l'origine de nuisances environnementales.

La grogne monte contre les bateaux de croisière. En Corse, une pétition appelle à l'interdiction de ce tourisme de masse, notamment dans le port d'Ajaccio. Sur l'ensemble de la saison 2022, la préfecture de Corse du Sud doit accueillir 230 bateaux de croisière, soit 1 à 4 par jour selon la chambre de commerce et d'industrie locale, pour 6.000 passagers quotidiens dans une ville de 71.000 habitants.

Si c'est une manne financière pour l'industrie touristique locale, c'est aussi une source de grosses nuisances. Un navire de croisière à quai pendant une heure émet autant que 30.000 véhicules roulant à 30 km/h.

Dans ce contexte, les mobilisations contre les bateaux de croisière se multiplient. En juillet dernier, des militants indépendantistes corses avaient retardé l'accostage à Ajaccio d'un paquebot. À Marseille, le maire PS Benoît Payan a lancé une pétition contre la pollution maritime, signée par 52.000 personnes.

"Quand on rentre, on devient un numéro ou un compte bancaire"

À Venise, on a purement et simplement interdit les bateaux de croisière. "Ce n'est même plus de la croisière, c'est du transport de bétail économique et financier", peste ce jeudi Périco Légasse dans "Estelle Midi" sur RMC et RMC Story.

"Ce tourisme de masse, c’est du bétail. Quand on rentre, on devient un numéro ou un compte bancaire. On respire ou on pète, on paye. Il faut réglementer ça ! La planète ne peut pas supporter ça, on ne peut accepter ces migrations de masse, c’est ignoble", ajoute, très remonté, Périco Légasse.

Pour Thierry Moreau, "c'est un type de tourisme, qu'il faut limiter dans certains endroits fragiles". Mais il est contre le fait d'interdire: "Il faut arrêter d'interdire, il faut mettre des limitations, imposer aux paquebots d'éteindre leurs turbines lorsqu'ils sont à quai. Il y en a ras-le-bol d'interdire".

G.D.