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Forte augmentation du nombre de crédits de consommations: un risque de surendettement?

Selon l'association des sociétés financières, le nombre de souscriptions à des crédits à la consommation a bondi de 10,5% au premier trimestre 2022. Mais avec des consommateurs pris à la gorge, le risque que la machine du surendettement s'emballe est grand.

Le nombre de crédits à la consommation a fortement augmenté cette année. Plus 10,5% sur ce premier trimestre 2022 par rapport à la même période en 2019, la période de référence avant la crise Covid. Le chiffre a été dévoilé mardi par l'association des sociétés financières qui représente la moitié du marché.

Des crédits qui sont de plus en plus des petites sommes qui servent à payer des charges courantes, dans un contexte d'inflation de l'énergie et de l'alimentation. À la sortie d'une enseigne discount, Lionel, 65 ans, l'admet: depuis quelques mois, il a du mal à s'en sortir. “Dès qu’on arrive le 15 du mois, on est à découvert. Tout a augmenté, le riz, les pâtes… Une baguette qu’on payait 65 centimes, c’est désormais 79 centimes…”, indique-t-il.

Avec un salaire de fonctionnaire qui stagne depuis 12 ans et déjà trois crédits à la consommation. Et pourtant, il souhaite en reprendre un.

“J’essaye de reprendre un crédit à la consommation pour rembourser les autres crédits. Pour essayer de m’en sortir, je ne pars même plus en vacances, je n’ai plus de voiture, je mange vraiment le minimum”, détaille-t-il.

Lionel le sait, ce n'est pas la meilleure solution, mais c'est la plus rapide. “C’est facile avec internet, on tape Cofidis et c’est disponible au bout de 48 heures. Sofinco, Cetelem, c’est pareil”, assure-t-il.

Une solution de facilité

Avec un risque, celui du surendettement. L'association Cresus recense depuis quelques semaines de plus en plus de personnes en difficultés financières, comme l’explique Pauline Dujardin, coordinatrice de Crésus.

“Dès lors qu’il y a une difficulté au niveau budgétaire, le premier réflexe, ça peut être de prendre un crédit alors que ça devrait être d’aller se faire aider. Il y a des solutions, que ce soit du traitement de la dette ou alors par des aides sociales, auxquelles on n’a pas pensé”, insiste-t-elle.

L'association milite pour que les organismes de crédit soient plus regardants sur les capacités de financement de leurs clients.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours