RMC

Hausse des prix des fruits et légumes: 69% des Français s'en privent

De nombreux Français affirment avoir largement réduit leur consommation de fruits et légumes, alors que les prix s'envolent depuis quelques mois.

Selon une étude d'Ipsos pour l'Observatoire E. Leclerc des nouvelles consommations, près de 7 Français sur 10 (69%) se privent des fruits et légumes parce qu'ils sont trop chers.

Sans surprise, les ménages à faibles revenus sont les plus touchés: ils sont 81% à se priver régulièrement de fruits et légumes parce qu’ils n’en ont pas les moyens et complètent leur alimentation via d’autres produits alimentaires. Constat unanime sur ce marché de Lyon. Pour les clients, fruits et légumes frais atteignent des prix parfois jamais vus. Difficile à comprendre pour Pierre.

"On n’arrête pas de nous dire cinq fruits et légumes minimum par jour mais en fait, il faut aussi que les gens aient les moyens”, indique-t-il.

Les prix tellement élevés que les produits sont devenus inaccessibles pour les petits revenus. Nadia fait le marché tous les jours depuis plusieurs années. Ses habitudes ont bien changé. "Je me limite, je n’achète plus de fruits. J’achetais un kilo d’oranges, de bananes, et de pommes. Et maintenant j’achète des fois une pomme, une orange”, affirme-t-elle.

Nouvelle hausse des prix le mois prochain?

Isabelle a fait un choix. Privilégier son budget alimentaire à d’autres dépenses moins essentielles. Un plaisir qui pourrait ne pas durer.

“C’est un luxe dans la semaine de prendre ce genre de denrées. Pour l’instant, je continue mais c’est vrai que la question pourrait se poser dans quelque temps”, appuie-t-elle.

Face aux dangers d’une alimentation moins équilibrée, l'association Familles rurales appelle à la création d’un chèque fruits et légumes. "Soixante euros par personne par mois, pour les familles qui sont en grande précarité, ça les aiderait à acheter des produits de bonne composition pour la bonne santé", explique Guylaine Brohan, présidente de l’association de défense des consommateurs.

La hausse des prix de l’alimentation devrait se poursuivre le mois prochain. Selon l’Insee, il faut s’attendre à plus 6% d’inflation par rapport à juin 2021.

Guillaume Descours Journaliste RMC