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Indemnité carburant: "Pas la bonne méthode" selon l’UFC-Que Choisir

Président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot n'est pas convaincu par la nouvelle indemnité carburant annoncée par le gouvernement. Invité de "Charles Matin" ce jeudi sur RMC, il plaide pour la taxation des surprofits des compagnies pétrolières et la suppression de la TVA sur la TICPE.

"Pas la bonne méthode". Invité de "Charles Matin" ce jeudi sur RMC, Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, dénonce la nouvelle indemnité carburant de 100 euros, pour 10 millions de travailleurs qui gagnent moins de 1.314 euros nets par mois pour une personne seule (3.285 euros nets par mois pour un couple avec un enfant, 3.941€ nets pour un couple avec deux enfants et 5.255€ nets pour un couple avec trois enfants).

"Nous avons une critique fondamentale et sévère de l’approche du gouvernement, explique Alain Bazot. On est face à un incendie et c'est comme si on utilisait des seaux d'eau pour y remédier. Les prix payés par les consommateurs dépendent des marchés internationaux, et là on n’y peut rien, des intermédiaires comme les compagnies pétrolières qui dégagent des profits faramineux et le gouvernement à la fin profite de cette hausse des prix (20 % de TVA et TAV sur les taxes). C'est une rente pour le gouvernement qui fait du consommateur de carburant une vache à lait."

"Il y a une aberration, c’est la TVA sur les taxes"

Selon l'UFC-Que Choisir, il faudrait donc plutôt taxer les superprofits et supprimer la TVA sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).

"Pour financer le fait de jouer sur les taxes, il faut prévoir une contribution spéciale des surprofits, plaide Alain Bazot. C'est indécent, ces dizaines de milliards d'euros qui ne sont pas régulés par le marché. Le rôle de l'État est de récupérer ce que les consommateurs payent. Il y a une aberration, c’est la TVA sur les taxes, la TVA sur la TICPE. On demande qu'elle soit supprimée. Si on la supprime, c'est 13 centimes directement sur le prix à la pompe. En roulant 30.000 km par an, ça fait 390 euros en gain de pouvoir d’achat."

Et pour Alain Bazot, le seuil décidé par le gouvernement est "injuste". "On n'a pas bien ciblé l'effet de seuil, pointe le président de l'UFC-Que Choisir. Je me soucie de ceux qui gagnent 1.310 euros et font 30.000 km par an, et eux n’ont strictement rien. La question n’est pas de savoir si on a une voiture, mais si on a la nécessité de s’en servir. Avec 1.300 euros, vous n’êtes pas riche. Quand vous habitez en milieu rural, il n’y a pas de transport en commun, ce n’est pas un choix de confort de prendre sa voiture. Vous ne touchez rien et pendant ce temps-là, l’Etat se gave avec les taxes et les compagnies pétrolières engrangent des surprofits considérables."

LP