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Les États-Unis en récession, les nuages s'amoncellent autour de la France

Après l'annonce de l'entrée en récession des États-Unis, l'INSEE a annoncé une nette croissance du PIB au deuxième trimestre en France. Mais malgré ce chiffre positif, beaucoup de signaux économiques sont dans le rouge en ce milieu d'année 2022. Les explications d'Emmanuel Lechypre.

L’INSEE a publié ce vendredi les chiffres de l’activité au deuxième trimestre. Le printemps a vu l’économie refleurir avec une nette croissance du PIB de 0,5%, alors que le PIB avait reculé de 0,2% au premier trimestre. Un chiffre négatif aurait été publié ce matin, et la France serait entrée en récession. En effet, la récession c’est la baisse pendant deux trimestres consécutifs de l’activité.

Malgré cette croissance, la France a vu de nombreux signes de faiblesses de son économie comme aux États-Unis, qui sont entrés en récession ce jeudi, avec la contraction de leur PIB pour le deuxième trimestre consécutif: -1,6 % au premier trimestre, -0,9 % au deuxième.

Les nuages s'amoncellent sur l'économie française

Il faut redouter un choc dans les mois qui viennent. Ce ne sera pas comme en 2008/2009, avec une grande crise financière, bancaire, immobilière, comme on en connait une par siècle. Les banques sont plus solides aujourd’hui. Mais les nuages s’amoncellent.

L’inflation n’a pas fini de s’accélérer, avec des chiffres qui pourraient atteindre 8% en fin d’année: les chiffres de la grande distribution annoncent 6,7% en juillet, l’INSEE a annoncé ce vendredi 6,1% d’inflation sur un an. Rien n’indique une baisse des prix de l’énergie. Les salaires augmentent un peu mais pas aussi vite que les prix. Le marché du logement se grippe. Les taux d’intérêts remontent. La situation financière des entreprises se dégrade au moment où beaucoup doivent rembourser leur prêt garanti par l'État (PGE). L’environnement international se détériore. Notre principal partenaire commercial, l’Allemagne, va au-devant de grandes difficultés du fait de sa vulnérabilité au gaz russe.

Des risques limités sur l'emploi, le pouvoir d'achat préservé jusque fin 2022

Les risques sur l’emploi sont assez faibles. Il risque d’y avoir plus de licenciements dans les mois à venir car le nombre de faillites augmente mais avec une entreprise sur deux qui peine à recruter, les gens qui vont avoir le malheur de se retrouver au chômage ne devraient pas l’être pour très longtemps.

Pour le pouvoir d’achat, il est relativement bien préservé jusqu’à la fin de l’année avec les boucliers en place. Il risque d’y avoir moins de hausse de salaires vu le contexte. Tout dépendra aussi des marges budgétaires dont le gouvernement disposera et qu’il se donnera pour soulager les Français à partir de janvier notamment sur la facture énergétique.

Emmanuel Lechypre (avec MM)