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Les influenceurs convoqués à Bercy: un marché qui rapporte

Les acteurs du marché de l'influence en ligne sont réunis à Bercy, ce vendredi, pour une table ronde. Objectif: protéger le consommateur et réguler cette jeune profession qui rapporte beaucoup.

Le ministère de l’Économie réunit ce vendredi les acteurs du marché de l’influence pour mettre de l’ordre dans leurs pratiques. Ce secteur, au niveau mondial, est un business qui pèse plus de 16 milliards d’euros et qui rapporte à des milliers d’influenceurs, acteurs des réseaux sociaux payés pour faire la promotion de produits, en fonction de leur notoriété.

L’agence Kolsquare distingue cinq profils d’influenceurs avec en bas de l’échelle les nano-influenceurs avec moins de 10.000 abonnés (165 euros par post) et au sommet les top-influenceurs avec plus de 3 millions d'abonnés (25.000 euros le post). Sur les principaux réseaux sociaux, les prix augmentent de 20% par an.

Un bon plan pour les entreprises

Pour les entreprises qui veulent se faire connaître, les résultats sont bons: en faisant leur publicité grâce aux influenceurs, elles peuvent engranger entre six et 18 euros pour un euro investi, selon le cabinet Oberlo. Cibles d'autant plus intéressantes pour elles, ce sont principalement des nouveaux clients et des jeunes qui sont conquis par cette méthode.

Cela reste bien plus que ce que rapporte la pub par courriel ou la pub sur les réseaux sociaux. Les secteurs de prédilection de ce nouveau marché sont la mode (25% des publications sponsorisées), loin devant la cuisine (12%). Il faut noter aussi que trois influenceurs sur quatre sont des influenceuses.

Des abus

Mais aujourd'hui, l'organisation du secteur de l'influence en ligne est digne du Far-West. Il n'y a aucune régulation des relations entre influenceurs, les marques et leurs agents, aucune contrainte ni transparence. Tout cela débouche sur des abus voire des escroqueries, avec la promotion de contrefaçons ou d'arnaques avec comme première victime le consommateur. A tel point que plusieurs parlementaires de la Nupes ont déposé une proposition de loi pour codifier le secteur.

Même Magali Berdah, à la tête de la plus puissante agence d’influenceurs Shauna Events, appelle elle aussi à mieux encadrer les placements de produits sur les réseaux sociaux. Stigmatisé, raillé, critiqués, notamment par le rappeur Booba qui parle d'"influvoleurs", même si beaucoup suivi, principalement par des jeunes, le secteur a tout à gagner à s’engager sur la voie de la clarification.

Emmanuel Lechypre (avec MM)