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Les ventes de logements neufs en chute libre, les prix en hausse continue

La vente des logements neufs a chuté de 15% au premier trimestre 2022 selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Une baisse aux causes multiples.

Selon la Fédération des promoteurs immobiliers, le nombre de logements neufs vendus à des particuliers au premier trimestre 2022 a chuté de près de 15% en un an. Cette chute a des explications multiples, comme l’insuffisance de construction, soit la réticence croissante des maires à délivrer des autorisations de permis de construire.  

La perturbation des chaînes de valeur, l’envolée des prix de l'énergie consécutive à la crise sanitaire et à la guerre en Ukraine, la hausse des prix des terrains ou les normes environnementales font aussi exploser les coûts de production et chuter la vente de logements neufs.  

Avec la remontée rapide des taux d'intérêts, de plus en plus de prêts immobiliers sont retoqués car dépassant le taux d’usure, le maximum autorisé, qui n'est réactualisé que tous les trois mois.

Les prix continuent de grimper

Pourtant, les prix continuent d’augmenter. Les prix des appartements ont augmenté de 5,4% en un an. Tous biens confondus, on est sur des hausses plutôt proches de 7%

Paris reste la ville la plus tendue, (+7,1 %) et un prix moyen qui frôle les 13 150 euros/m². Avec Paris, Lyon et Nice complètent toujours le même trio des villes à plus de 63000 euros /m² (5%). Bordeaux affiche l’une des plus fortes progressions (+7,0 %) et se positionne quatrième ville la plus chère, juste devant Montpellier (5 280 euros/m²).

Faut-il redouter un krach immobilier?

Toutes les crises immobilières démarrent par une chute des ventes, mais ce n’est pas parce que les ventes chutent qu’il y aura forcément une crise immobilière. Une crise immobilière intervient quand il y a trop d’offre et pas assez de demande. Le problème ici n’est pas que les acheteurs ont disparu, c’est qu’il n’y a rien à vendre et donc les acheteurs sont prêts à acheter à n’importe quel prix quand ils en ont les moyens.

Le nombre de logements mis en vente a donc reculé de quelques 30%, les plus mauvais chiffres depuis dix ans. Donc non il n'y aura sans doute pas d'effondrement du marché immobiler, mais très probablement un blocage important.

Emmanuel Lechypre (avec MM)