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"Mes dents ou ma voiture": la nouvelle indemnité carburant pourrait être limitée aux faibles revenus

La nouvelle aide du gouvernement pour les prix des carburants pourrait être limitée aux Français qui touchent moins de 1.600 euros net par mois.

A peine remanié, le gouvernement veut faire la chasse à la vie chère. Une des mesures phares de ce plan devrait être la nouvelle indemnité pour les carburants. L’idée, aider les Français les plus modestes qui font plus de 30 km par jour en voiture pour aller travailler. Et l’exécutif proposerait un coup de pouce sous critère de revenus: percevoir moins de 1.600 euros net par mois. Le montant de l’aide n’est pas encore fixé, mais les potentiels bénéficiaires sont partagés.

A la pompe, à Nogent-sur-Oise (Val d’Oise), Kamel s’interroge. "Le dernier plein, il n’y a même pas une semaine, c’était 130 euros, explique cet agent de sécurité. (Une aide) Ça ne serait pas de refus. Quand on m’appelle pour des heures supplémentaires au travail, si c’est trop loin, je réfléchis, je me dis que ça ne sert limite à rien d’aller au travail pour gratter 10-20 euros de plus alors que je vais les mettre dans l’essence."

"On est obligé de trancher, surtout avec des salaires comme ça"

Maryline, qui fait 70 km de route tous les jours, attend du concret. "Je ne crois pas au Père Noël. Quand je verrai qu’il y a quelque chose dans ma boite aux lettres, je penserai à vous", glisse-t-elle au micro de RMC. Mais le sourire n’est que de façade. Employée d’une société de plomberie, à moins de 1.600 euros par mois, elle doit déjà faire des choix.

"Là, je dois me faire soigner les dents, explique Maryline. J’ai le choix entre soigner mes dents et m’occuper de ma voiture. Je choisis de m’occuper de ma voiture. C’est quand même triste à dire. On est obligé de trancher, surtout avec des salaires comme ça."

"Faisons simple, baissons la TVA"

Onze millions de foyers pourraient être concernés par cette nouvelle aide. Pierre Chasseray, président de l’association "40 millions d’automobilistes" salue le geste, mais craint que ces coups de pouce finissent par devenir illisibles.

"On empile les mesures les unes après les autres, regrette-t-il. Les 18 centimes, une aide ciblée, une aide peut-être pour les gros rouleurs… Tout cela n’a plus de sens. Faisons simple, baissons la TVA à 5,5% sur les carburants. Ça sera un coup de pouce pour tout le monde et ça ne sera pas une usine à gaz à mettre en place."

Mais Bercy refuse cette mesure trop couteuse, à l'heure où la France tente de sortir des énergies fossiles. Bruno Le Maire estime que la baisse de la TVA couterait 50 milliards d'euros à l'Etat.

LP avec Alfred Aurenche et Siam Spencer