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Nouvelle explosion des prix à la pompe: "Total se gave" accuse le propriétaire d'une station-essence

Malgré la baisse du baril de pétrole brut, les prix à la pompe explosent en ce début d'année. Pour atténuer la hausse après la fin de la ristourne, un nouveau chèque carburant pour les plus démunis doit entrer en vigueur. Mais les autres automobilistes semblent condamnés à espérer une baisse qui pourrait se faire attendre.

Les prix des carburants s'envolent. Encore. Depuis la fin de la ristourne de l’État à 10 centimes le 1er janvier, une nette augmentation des prix des carburants était attendue et a été confirmée par les chiffres transmis lundi par le gouvernement. Au 6 janvier, le prix du gazole s’élevait à 1,8994 euro par litre, soit une hausse de 13,3 centimes par litre par rapport aux derniers jours de 2022. L’essence sans plomb 95 E10 s’affichait à 1,8346 euro par litre, en hausse de 19,2 centimes par litre sur une semaine.

Pourtant, de l'autre côté, les prix du baril de pétrole baissent. Au 10 janvier, le baril de pétrole brut s'échangeait à 79,74 dollars dans la matinée contre 86 dollars au 30 décembre dernier.

Une baisse invisible à la pompe. "Chez moi, le gazole est à 1,869 et le SP à 1,796", assure ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules" Jean-Claude, propriétaire indépendant d'une station d'essence à Perpignan. Et il l'assure, avec la baisse des prix du pétrole, l'essence devrait être vendue à 1,30 euro le litre.

Pourquoi les prix augmentent encore?

Pourquoi un tel écart alors? En raison d'une nouvelle taxe régionale, explique Jean-Claude, qui tacle aussi les pétroliers Total et BP notamment: "On voit leurs résultats, je pense qu'en amont, ça se gave un maximum", croit-il savoir.

Il explique également que les grandes surfaces ont profité de la fin de la remise pour augmenter leur prix. "La remise de 10 centimes à la pompe a disparu le 1er janvier, un dimanche férié. Personne n'a été livré et comme par hasard le lundi, toutes les grandes surfaces ont augmenté leur prix. Le stock qu'on a acheté, on l'a acheté avec les 10 centimes de remise. Mon prix a augmenté seulement quand j'ai acheté un premier camion en 2023. Les autres, ils se sont gavés", dénonce Jean-Claude.

"Il va falloir s'habituer au pétrole cher et à l'énergie chère", prévient Emmanuel Lechypre, chroniqueur économie pour RMC. Et ce n'est pas la baisse du prix du baril de pétrole brut qui va y changer quelque chose.

"Personne n'achète de pétrole brut, les grandes compagnies pétrolières achètent du pétrole raffiné. La fin de la ristourne n'explique pas tout non plus. Le problème actuellement, c'est que plus aucun distributeur n'a le droit de s'approvisionner en pétrole et gazole russe. Or, avant, le gazole russe, c'était 25% de notre gazole. Aujourd'hui, les fournisseurs cherchent de nouvelles sources d'approvisionnement et font augmenter les prix", explique Emmanuel Lechypre.

Le nouveau chèque du gouvernement

Pour atténuer cette hausse des prix, le gouvernement prévoit de distribuer, dès le 16 janvier, un chèque carburant de 100 euros pour les personnes utilisant leur voiture pour aller travailler soit environ 10 millions de Français. Cette aide doit être versée aux foyers dont le revenu fiscal est inférieur ou égal à 14.700 euros.

"Avec ce chèque, on va voir que Total va encore faire une ristourne de 10 à 15 centimes", prédit le cheminot et syndicaliste Bruno Poncet. "Les 100 euros que les gens vont recevoir, ils vont aller les mettre chez Total qui va faire des bénéfices records. Ceux qui sont pressurés, c'est toujours les mêmes, et ceux qui se gavent aussi. (...) Le gouvernement donne 100 euros dans une poche et prend 200 dans l'autre", tacle-t-il.

"Il suffit de baisser les taxes", assure de son côté l'avocate Marie-Anne Soubré. "Il faut que l'Etat arrête de nous faire croire qu'il nous fait des cadeaux en faisant des ristournes, des chèques", ajoute-t-elle.

G.D.