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"On doit tous participer à cette facture": l'appel de Roxana Maracineanu pour rouvrir les piscines

Invoquant "l'urgence de santé publique", l'ex-ministre des Sports et championne du monde de natation Roxana Maracineanu appelle sur RMC à une réouverture immédiate des piscines qui ont été fermées à cause de la facture énergétique qui explose.

La tension liée à la crise énergétique a atteint les bassins de natation, ce lundi. La société Vert Marine a décidé de fermer brutalement une trentaine de piscines publiques à Limoges, Versailles, Granville... L'entreprise justifie ces fermetures en assurant que sa facture énergétique était passée de "15 à 100 millions d'euros", soit "la totalité du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise".

"Pourrait-on accepter d'un maire qu'il ferme une école pour des motifs économiques?", s'interroge de son côté la Fédération française de natation, demandant mardi la réouverture "immédiate" des bassins concernés. Invitée de RMC ce mercredi matin, l'ancienne ministre des Sports et championne du monde de natation Roxana Maracineanu estime que c'est une urgence de santé publique.

"Ce n'est pas un luxe, mais un besoin"

"C'est bien sûr une urgence de santé publique d'avoir les piscines ouvertes. Ce n'est pas un luxe, mais un besoin pour beaucoup de personnes. Pour les enfants, qui ont besoin d'apprendre à nager, et qui avec le Covid-19 ont eu un apprentissage retardé. Pour des questions de santé et de bien-être aussi", estime-t-elle.

A Limoges par exemple, l'agglomération dénonce une décision "unilatérale et brutale", et a mis en demeure la société de Rouen, mardi matin, de rouvrir les bassins d'ici 24 heures. La ville se dit prête à aller en justice. "Dans les contrats de service public, il y a une clause d'imprévision", rétorque Thierry Chaix, président de Vert Marine, qui gère 90 piscines et patinoires en délégation de service public en France. "Et la multiplication par dix du prix de l'énergie n'était pas vraiment prévue", argue-t-il.

"Ça va devenir catastrophique, pour les enfants mais aussi les sportifs"

Roxana Maracineanu estime que tout le monde va devoir mettre la main à la poche pour passer cette crise énergétique.

"À l'heure où on va recevoir les JO en France, il faut trouver des solutions pour aider ces collectivités et entreprises à passer ce moment difficile. C’est notre bien commun. On doit tous participer à cette facture, usagers, collectivités, état, mais aussi entreprises pour qu’on y arrive à la payer tous ensemble", juge-t-elle.

D'autant que l'apprentissage de la nage est devenu obligatoire à l’école. "Je l’ai même inscrit dans le code de l’éducation grâce à la loi sport, comme l’apprentissage du vélo. On sait déjà qu’en France, on manque de piscines, elles sont vieillissantes et énergivores pour la plupart même si on engage des fonds pour les rénover de manière thermique, de façon plus sobre. Si en plus, on doit les fermer parce que les factures augmentent, ça va devenir catastrophique, pour les enfants mais aussi les sportifs", conclut-elle.

J.A.