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Payer ses impôts au bureau de tabac: "On est un métier en déclin, notre souhait, c’est de se diversifier" se défendent les buralistes

La confédération des buralistes a obtenu cette délégation en remportant un appel d'offre. Un moyen pour eux d'attirer de diversifier leur activités et d'attirer plus de clients. Les dix départements concernés dès ce lundi: Haute-Saône, Vaucluse, Gard, Côtes d'Armor, Yvelines, Oise, Marne, Corrèze, Corse du Sud, et la Loire.

Acheter un paquet de cigarettes et payer ses impôts en même temps, c'est possible à partir de ce matin. Pour l'instant, 22 buralistes seulement sont agréés, mais ils seront 600 fin mars, répartis dans dix départements.

Ils testent à partir de ce lundi un nouveau dispositif qui permet, donc, de payer ses impôts locaux, sa taxe d'habitation, sa taxe foncière, directement chez votre buraliste. Mais aussi les factures de cantine, d'hôpitaux, de crèche, de piscine... Bref, les bureaux de tabac reprennent un peu le rôle de nos traditionnels centres des finances publiques. Le signe, sur la vitrine, est très discret, une petite affiche collée sur la porte d'entrée, avec cette mention: paiement de proximité. 

Serdar Kaya, le buraliste, n'a même pas eu besoin d'installer une nouvelle machine dans son établissement. "C’est la machine de la Française des Jeux qui sera adaptée pour ça. Il suffit juste de présenter le code", explique-t-il. 

Ceux qu'il espère attirer, ce sont les 6 millions de contribuables qui vont dans les centres de finances publiques pour payer leurs impôts chaque année.

"Le but se serait de récupérer 50% des encaissements. On est un métier en déclin. Notre souhait, c’est de se développer, de se diversifier, tout en restant en phase avec notre profession", indique-t-il. 

24.000 bureaux de tabac en France

Le dispositif a déjà séduit Isaac, un habitué du bureau de tabac. "C’est plus facile de venir payer ici que d’aller aux impôts, faire une queue phénoménale de 9h jusqu’à 11h. Là, je vais après le travail, je bois un verre et je paie mes factures", indique-t-il. 

Mais dans les rues de Compiègne, tout le monde n'est pas forcément convaincu. "Je ne veux pas qu’ils sachent combien je paye d’impôts", explique un habitant. 

Les buralistes, eux, comptent sur leur forte présence partout en France, 24.000 bureaux au total, pour convaincre la population. Ils recevront 1,50 euros de la part de l'état à chaque transaction enregistrée.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours