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Pourquoi la limitation de la hausse des frais bancaires à 2% ne va pas changer grand-chose

Retrait d'argent au guichet d'une banque

Retrait d'argent au guichet d'une banque - AFP

Les banques, sous l'impulsion du ministère de l'Economie, ont annoncé ce mardi qu'ils limiteront la hausse des frais bancaires en 2023 à 2% maximum.

Les banques françaises se sont engagées ce mardi, sous la pression du ministère de l’Economie, à limiter à 2% la hausse des frais bancaires en 2023, ainsi qu'une diminution des frais bancaires pour les publics fragiles.

Chacune des banques annoncera en temps voulu ses tarifs. L’objectif de Bercy, c’était surtout de pousser le secteur bancaire, qui a enregistré des profits records en 2021 (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE et le groupe Crédit Mutuel ont engrangé à eux cinq plus de 30 milliards d'euros de bénéfice net) à contribuer à la solidarité nationale en redonant du pouvoir d’achat aux ménages.

Pas un gros effort pour les banques

Mais finalement, cette mesure ne devrait pas changer grand-chose. Le problème, c’est que le diable est dans les détails. Si on regarde la moyenne des frais bancaires, calculé par le comparateur "Panorabanques", ça représente en moyenne 219 euros, avec une hausse de 1,5% en 2022 par rapport à 2021 et de 0.6% en 2021. Donc limiter à 2%, ce n’est pas un gros effort globalement pour les banques.

Il y a bien des postes qui augmentent de 6 à 10% par an, mais qui en réalité représentent des sommes entre 12 et 20 euros par an, que ce soit pour les frais de tenue de compte ou les retraits effectués dans d’autres banques.

Un geste un peu plus significatif: l’abonnement à l’offre "clients fragiles" passe de 3 à 1 euros par mois. Cette offre permet de limiter et de réduire les frais d’incidents bancaires, plafonnés à 20 € par mois et 200 € par an maximum, deux fois moins que pour les clients qui n’ont pas cette offre.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)