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Résiliations: les fournisseurs d’énergie réclament l'aide de l’Etat, "on ne renégocie pas comme ça"

Poussés par le gouvernement à accepter des résiliations et des renégociations de contrats pour les TPE, et notamment les boulangeries asphyxiées par l'inflation, les fournisseurs d'énergie demandent à l’Etat de s’engager à prendre en charge leurs pertes.

Les boulangers en difficulté peuvent-ils vraiment résilier leurs contrats d’énergie facilement, comme l’a annoncé l’exécutif? Emmanuel Macron a assuré que les factures des entreprises de moins de 10 salariés seraient plafonnées dès ce mois de janvier. Les TPE ne paieront "pas plus de 280 euros/MWh en moyenne en 2023", a détaillé il y a une semaine Bruno Le Maire. Mais les fournisseurs d'énergie refusent de vendre à perte et demandent à l'Etat de prendre en charge la différence. Les trois plus gros opérateurs, EDF, Total et Engie, se sont eux engagés à prendre une part à leur charge.

"Cela ne concerne pas que les boulangers, mais l’ensemble des TPE. Nous disons que nous sommes prêts à le faire, comme pour les autres dispositifs, mais à une condition: que le coût soit couvert. Cela représentera des pertes, si cette mesure n’est pas financée par le budget de l’Etat", explique Naïma Idir, présidente de l'Anode (association nationale des opérateurs détaillants en énergie), dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story.

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"Les fournisseurs ne sont pas des profiteurs de guerre"

"Nous sommes fatigués d’être montrés du doigt à chaque fois que le prix de l’électricité flambe, ajoute-t-elle. Les fournisseurs, comme les consommateurs, sont touchés de plein fouet. Les fournisseurs ne sont pas des profiteurs de guerre." Que répondent donc les fournisseurs d’énergie aux petits patrons asphyxiés par l’explosion des factures et qui demandent des résiliations de contrat? Un boulanger, par exemple? "Ce que je vais lui dire, c’est que des discussions sont en cours avec les pouvoirs publics, pour définir les modalités de mise en oeuvre. Elles ne sont pas terminées. Les contrats sont des contrats de droit privé, on ne renégocie pas comme ça", souligne Naïma Idir.

Pour ces fournisseurs, c’est la vision de l’Etat sur les derniers mois qui interroge. "On souhaite rappeler que l’année dernière, à cette même époque, à travers la charte fournisseurs dont il a beaucoup parlé, le gouvernement nous a fortement incité à contractualiser avec les clients, explique la présidente de l’Anode. Il nous a demandé de renouveler les contrats au second semestre. C’était normal. Ce que souhaitait éviter le gouvernement, c’était qu’un certain nombre d’entreprises se retrouvent sans contrat à la fin de l’année. Aujourd’hui, les prix ont baissé, on en est très content pour tout le monde, parce que les températures sont anormales pour la saison. Donc le gouvernement souhaite qu’on participe financièrement à la mesure." Et là, les fournisseurs disent non.

LP