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Retraites: avec les grèves, les commerçants s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires

La menace d'un jeudi noir pèse sur les commerçants. Beaucoup s'inquiètent que les multiples appels à la grève contre la réforme des retraites aient un impact non-négligeable sur leur activité. Et surtout, ils craignent que cette situation ne perdure dans le temps.

Au moins "200 points de rassemblement" à travers le pays recensés par les syndicats pour la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, ce jeudi. À Paris, rassemblement prévu à 14h place de la République, direction la place de la Nation.

Des préavis de grève ont été déposés à Air France, à la SNCF ou encore dans les transports en commun. Le mouvement devrait également être particulièrement suivi à la RATP en Île-de-France. Ce qui fait craindre une journée blanche pour l'activité économique.

L'association des maîtres restaurateurs enregistre déjà des annulations pour jeudi. Pour son président Alain Fontaine, c'est près de la moitié des couverts qui s'est évaporée.

“Je vais perdre 60% de mon chiffre d'affaires de la journée. Ça va me coûter à peu près 4.000 euros. Dans les grandes villes, le midi, vous travaillez avec les actifs. Et là, les actifs, ils vont être chez eux derrière leurs ordis. C’est la même situation partout”, appuie-t-il.

Un climat social explosif

Et elle succède aux Gilets jaunes, au Covid... “Est-ce qu'on peut rêver d'une année sans problème?”, se demande Alain Fontaine. Une question partagée par les commerçants, rapporte Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce.

“Les soldes, ce qui fonctionne bien, c'est les 15 premiers jours. Au-delà de la seule journée de jeudi qui nous inquiète, c'est le climat social potentiellement explosif qui s'installe en ce début d’année”, assure-t-il.

Une inquiétude déjà concrétisée pour Denis Thominet. Le président du théâtre “Le 13e art” à Paris ne compte plus les appels de spectateurs inquiets. "L'ensemble des ventes ralentit, mais pas que pour cette semaine, aussi pour les semaines à venir. Au lieu de vendre 200-300 places par jour, on est plutôt à 100 ventes”, pointe-t-il. Beaucoup craignent que la manifestation de jeudi ne soit qu'un début.

Marion Gauthier avec Guillaume Descours