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Retraites: avec la grève dans les écoles, les parents s'organisent pour garder leurs enfants

La première journée de mobilisation approche. Et ce pourrait aussi être un jeudi noir dans les écoles, car les enseignants pourraient se mobiliser massivement. Un contre-temps pour les parents qui doivent trouver des solutions pour faire garder leurs enfants.

La première grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites, c’est ce jeudi. Les appels à la grève sont nombreux dans différents secteurs et notamment chez les enseignants. Un jeudi noir est donc à prévoir aussi dans les écoles jeudi. C'est en tout cas ce qu’espère le premier syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, qui s'attend à ce que beaucoup d'écoles soient fermées.

Les enseignants avaient jusqu'à lundi soir minuit pour déposer leur déclaration d'intention de grève. On devrait connaître les chiffres de la mobilisation dans l'éducation à la mi-journée.

Et beaucoup d'enfants pourraient ne pas être accueillis à l'école jeudi. Aux sorties des écoles lundi, beaucoup de parents posaient la même question à leurs enfants. “Il y a école ou pas jeudi?” Pas d'école et donc une journée à réorganiser. Hervé devrait s'en sortir cette fois.

“Là, c’est un coup de chance cette semaine, il faut juste que j’annule des rendez-vous. Je pense que je vais garder les enfants des voisins. C’est souvent comme ça que ça se passe parce qu’il y a souvent des grèves donc on est rôdé”, ironise-t-il.

Mais tout le monde n'a pas la chance de l'avoir comme voisin. “Il n’y a pas de bonne solution. Pour l’instant, moi, je n’en ai pas. Je suis obligée de rester pour les garder”, affirme Patricia, mère de trois enfants.

La crainte d'une grève reconductible

Pas de solution ni de télétravail possible non plus pour Mamadou et sa femme. Alors depuis lundi “on ne fait qu’appeler des nounous". "Déjà trouver une nounou, ce n’est pas évident, mais en trouver une qui vienne pour dépanner, c’est encore plus compliqué”, explique-t-il.

La plupart des parents comprennent les raisons qui poussent les enseignants à faire grève. “C’est enquiquinant, mais c’est un projet de société. Il faut savoir ce qu’on veut”, indique Hervé. Jennifer regrette surtout de n'être prévenue que deux jours avant la grève.

“C’est vrai qu’une grève sans embêter le monde, ce n’est pas une grève, mais en tant que parents, on aimerait bien avoir des réponses bien avant”, pointe-t-elle.

Comme beaucoup d'autres parents, elle craint surtout que cette grève se prolonge et dure dans le temps. Car ça deviendrait alors beaucoup plus compliqué de s'organiser pour faire garder les enfants.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours