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Risque de pénurie dans les supermarchés: "Les gens font n’importe quoi à chaque guerre"

En Belgique, des supermarchés ont imposé des restrictions sur certains produits comme l'huile ou le papier toilette. Mais la situation n'est pour l'instant pas aussi extrème en France, où il n'y a pas de pénurie pour le moment.

La guerre en Ukraine va-t-elle nous amener vers des pénuries? Si ce n’est pour le moment pas le cas en France, dans un de nos pays voisins, la Belgique, certaines grandes enseignes ont décidé de rationner les achats sur certains produits.

Par exemple, dans les magasins Lidl, l’achat d’huile, de papier toilette ou encore de légumes en boîte de conserve est désormais limité. C’est également le cas dans les magasins Aldi, alors que Carrefour a de son côté laissé la liberté aux directeurs des différents magasins de rationner les produits de son choix.

Interrogé dans l’émission Estelle Midi, Yves Puget, directeur des rédactions du magazine LSA, affirme que pour l’instant, on est très loin d’être en pénurie d’aliment.

“Il faut être raisonnable. Pour l’instant, il n’y a pas de pénurie. Il y a peut-être panique pour certaines personnes. Peut-être que dans quelques mois en fonction des récoltes, il pourrait y avoir des soucis, mais il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de références dans les magasins. Par exemple, au rayon pâtes, il y a 200 références. Peut-être que dans un an, si les choses s’enveniment, il n’y aura plus que 50 références. Mais il y aura toujours des pâtes”, appuie-t-il.

Une situation similaire à celle du premier confinement?

Un avis que partage Yann, auditeur de RMC, qui travaille dans la grande distribution. Selon lui, il faut tout de même sensibiliser les consommateurs pour éviter ce qui a pu se produire au début du premier confinement en pleine pandémie de coronavirus.

“Aujourd’hui, on ne parle pas de restriction ou de dire aux gens de ne pas acheter d’huile ou de farine. Mais l’histoire nous montre que les gens font un peu n’importe quoi à chaque guerre. Si on se rappelle de la guerre en Irak, moi, j’étais déjà dans la grande distribution à ce moment-là, et on s’était retrouvé dévalisé. Les gens ont eu peur de cette guerre qui n’était pas très loin de chez nous, mais qui ne nous concernait qu’à moitié. Pareil pendant le premier confinement. En trois jours, tous mes magasins avaient été dévalisés. Et ce qu’on ne veut pas, c’est qu’aujourd’hui les gens fassent n’importe quoi. On parle de civisme, mais pas de restriction pour l’instant”, explique Yann.

Guillaume Descours