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"Tous les Présidents ont dû traiter avec les ultras-riches", raconte l'historien Fabrice D'Almeida

Selon l'historien Fabrice D'Almeida, tous les présidents de la Ve République ont dû traiter avec les ultras-riches, qu'ils soient de gauche ou de droite. Car l'historien estime que ces ultras-riches sont des grands influenceurs de l'avenir.

Le gouvernement tient bon et se refuse toujours à taxer les supers-profits, après avoir évité un rétablissement de l'ISF. De quoi recoller l'étiquette de "président des riches" à Emmanuel Macron? C'est en tout cas ce que craignaient en juillet dernier les députés de la majorité au moment du vote sur le projet de loi pouvoir d'achat.

Pour Fabrice d'Almeida, historien et auteur de "L’Histoire mondiale des riches: pourquoi ils sont le vrai pouvoir ?", les présidents français sont bien obligés de composer avec les ultras-riches, souvent à la tête d'industries d'importance.

Les présidents obligés de traiter avec les ultras-riches?

"Je ne pense pas que les ultras-riches choisissent les présidents mais tous les président de la Ve République ont eu à un moment ou un autre, la nécessité de traiter avec les grandes fortunes", explique l'historien ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Jacques Chirac avait des amis riches extraordinaires notamment François Pinaut, qui l’a conseillé notamment pour l’intervention dans les Balkans dont il a été un acteur majeur. François Mitterrand avait comme ami les Bettencourt ou Roger-Patrice Pelat", cite Fabrice d'Almeida.

Environ 10.000 ultras-riches?

Selon lui, il est nécessaire de composer avec ces ultras-riches: "On peut discuter, négocier avec eux, mais on ne doit pas se coucher devant eux", plaide-t-il, estimant que ces ultras-riches ont "le vrai pouvoir": "Ils ont le vrai pouvoir parce qu’on leur remet entre les mains les clés de l’avenir: leurs fortunes sont tellement colossales qu’ils décident de ce que va être notre futur", assure-t-il sur RMC et RMC Story.

"Ils décident de ce que va être le numérique, les investissements immobiliers, la stratégie qu’on va avoir face au changement climatique ou à la maladie. Je pense à Bill Gates, Elon Musk ou Bernard Arnault qui lui pense que dans 100 ans on boira encore du champagne, que les femmes voudront toujours des produits de luxe même si le numérique n’existera plus", cite Fabrice d'Almeida.

Car pour l'historien, ces ultras-riches ont le pouvoir d'agir à l'échelle de la planète, "passer d'un continent à l'autre et créer leur propre business en allant chercher des matières premières en Asie", notamment. Un pouvoir que confère un jet privé, "l'emblème" des supers-riches: "Avec un jet privé on rentre dans un monde où on a 2500 propriétaires de jet privé et 7500 qui peuvent en louer. Ce sont des gens qui peuvent voyager avec plein d’autonomie", assure Fabrice d'Almeida.

G.D.