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Amendements en cascade de l'opposition sur la réforme des retraites: un député LREM dénonce "un péril pour la démocratie"

Les députés de la majorité dénoncent le blocage de ceux de l'opposition qui ont déposé de nombreux amendements contre la loi sur la réforme des retraites.

Après avoir électrisé la rue, la réforme des retraites cristallise désormais les tensions à l’Assemblée nationale. Alors que l’opposition, La France Insoumise en tête, multiplie les amendements sur le texte de loi dédié pour prolonger les débats, les députés de la majorité ont brièvement déserté les bancs de l’hémicycle dans la nuit de mardi à mercredi, dénonçant une "obstruction" ainsi qu’une "litanie" d’amendements "sans aucun intérêt".

"Certains ont dit 'la République c’est moi' mais la République, c’est nous et vous, vous n’êtes rien", a lancé à l’attention de l’opposition, le co-rapporteur Modem Nicolas Turquois après le retour des députés de la majorité dans l’hémicycle. Une sortie qui a provoqué l’ire des députés de l’opposition : "On a un rapporteur, pas un pitre a lancé François Ruffin", avant que Nicolas Turquois ne présente ses excuses à l’Assemblée.

"Une sorte de harcèlement parlementaire"

Ce mercredi matin sur RMC, le député de la majorité de l'Eure Bruno Questel a demandé à l'opposition de "retirer ses milliers d'amendements d'obstruction". "Il faut comprendre que le parlement siège depuis neuf jours, matin, midi et soir et quelque fois des mots qui n’ont pas leur place partent", a également déploré sur RMC ce mercredi le député LREM du Gers Jean-René Cazeneuve.

"Nous avons voulu marquer le coup hier parce qu’on est dans une situation absolument absurde sur le fond et absurde sur la forme. On nous empêche de débattre. C’est une sorte de harcèlement parlementaire à la suite de 700 amendements identiques déposés par deux groupes politiques qui veulent bloquer le fonctionnement du parlement. On ne peut pas ne rien faire, c’est un péril pour notre démocratie", a-t-il fustigé sur le plateau des "Grandes Gueules".

"C'est pas 33 parlementaires qui vont tout bloquer!"

"Vous ne pouvez pas faire croire que trente députés sont un péril pour la démocratie, cela voudrait dire que notre démocratie est bien faible et que l'on devrait s'en inquiéter", lui a rétorqué Olivier Truchot, préférant évoquer avec le député l'étrange brièveté des débats sur la réforme des retraites qui ne devraient durer que trois semaines: "Vous êtes payés pour ça par les Français, pour débattre et prendre le temps".

"Il y a eu deux ans de concertation et un travail en commission qui a duré 15 jours, maintenant le débat est dans l'hémicycle, et si les amendements étaient intelligents on pourrait avoir un vrai débat. Les gens en face de nous ne veulent pas débattre, ils veulent bloquer la loi. Si ces amendements permettaient de mieux comprendre la loi et de l'améliorer, on prendrait le temps qu'il faut. Mais le problème c'est que ces amendements ne font rien avancer. C'est pas 33 parlementaires qui vont tout bloquer!", a dénoncé l'élu.

Devant l'immobilisme des débats, le Premier ministre a évoqué mardi la possibilité de recourir à l'article 49-3 pour faire passer le projet de réforme, alors qu'un seul des 65 articles n'a pu être adopté jusqu'alors: "Lorsqu'il faut prendre ses responsabilités, je le fais sans hésiter et j'utilise toute la Constitution, rien que la Constitution, mais bien toute la Constitution", a assuré Edouard Philippe à l'occasion des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Guillaume Dussourt