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Carburants: "Pas le droit de prendre les gens en otage", l'ex-président d'Esso veut un service minimum

Un nouveau mouvement de grève est prévu dans les raffineries, à l'initiative de la CGT Pétrole. Les journées de blocage sont prévues les 19 et 26 janvier ainsi que le 6 février. Francis Duseux, ancien président d’Esso (Exxonmobil France), était l'invité d'"Apolline Matin" ce vendredi sur RMC. Pour lui, la situation va être difficile dans les entrepôts et les stations-service.

Est-ce un retour de la pagaille dans les stations-service comme à l'automne 2022? La CGT Pétrole a annoncé jeudi plusieurs journées de grève à venir contre la réforme des retraites.

"Le carburant est un bien indispensable. Chaque matin, 22 millions de Français ont besoin de leur voiture, c'est un bien de première nécessité. Prendre les gens en otage, en supprimant l'approvisionnement en carburant, ce n'est pas correct. On a le droit de faire grève, de se plaindre, de contester, mais pas de prendre les gens en otage", affirme Francis Duseux, ancien président d’Esso (Exxonmobil France) et de l'Union française des industries pétrolières, dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story.

Les journées de grève sont prévues les 19 et 26 janvier ainsi que le 6 février. Le 6 février, une "grève reconductible avec, si nécessaire, l'arrêt des installations de raffinage" sera "proposée aux salariés", indique la CGT.

Des stocks de réserve existent

Pour Francis Duseux, ces actions ne permettent pas de paralyser le pays, "même avec toutes les raffineries arrêtées". "On a une façade maritime en Méditerranée et en Atlantique avec plein de ports, des produits sont toujours disponibles sur le marché international. En plus, il y a une obligation de stocks de réserve, qui correspondent à trois mois de consommation du pays", précise-t-il.

Il aimerait qu'il y ait en plus la mise en place d'un service minimum dans les dépôts "comme dans les transports publics à Paris". "Ça marche plus ou moins bien, mais au moins cela ne paralyse pas", dit-il.

Au mois d'octobre dernier, une partie du pays a été bloquée et les usagers ont fait la queue pendant des heures dans les stations-service. "Je crois qu’à l’automne dernier, le démarrage de ces mesures de compensation a été un peu tardif. Je crois qie le gouvernement n'avait pas prévu la gravité de la situation et des grèves", estime Francis Duseux.

Pour cette fois, il pense que le gouvernement et les pétroliers vont mettre en place des cellules de crise plus rapidement. Pour lui, "il faut peut-être continuer à approvisionner les stations-service ce week-end", parce que les gens vont commencer à aller faire des plein de carburant.

"Cela va être très difficile"

"Le problème supplémentaire, c’est que tout le monde va aller faire un plein: on multiplie par cinq ou six la consommation instantanée. Ce week-end, ça va démarrer", souligne Francis Duseux. "Cela va être très difficile dans les entrepôts et les stations car la consommation va être énorme", conclut l'ancien président d’Esso (Exxonmobil France) et de l'Union française des industries pétrolières.

AB