RMC

La CGT Pétrole appelle à la grève: faut-il craindre une nouvelle pénurie d'essence?

La CGT Pétrole appelle ce jeudi à plusieurs jours de grève en marge du mouvement social contre la réforme des retraites. De quoi faire planer la menace de nouvelles pénuries à la pompe.

Après un octobre noir, se dirige-t-on vers une nouvelle période compliquée pour les automobilistes? La CGT Pétrole fait planer la menace de bloquer l'approvisionnement des stations-service en essence, après avoir appelé à plusieurs jours de grève pour protester contre la réforme des retraites. Ces jours de grève, prévus les 19 et 26 janvier ainsi que le 6 février, pourraient entraîner des "baisses de débit" et "l'arrêt des expéditions", a assuré à l'AFP Eric Sellini, coordinateur national de la CGT pour TotalEnergies.

De quoi faire ressurgir le spectre des pénuries et des files d'attente aux stations-essence quand la France avait tourné au ralenti au mois d'octobre après une vaste mobilisation à l'initiative de la CGT, entraînant la mise à l'arrêt des raffineries et le blocage de dépôts pétroliers.

"Un blocage du pays à chaque fois qu'il y a un problème"

"Ces gens sont des nuisibles", tacle ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" le fromager Johnny Blanc. "Les entreprises sont dans de telles difficultés que les syndicats devraient réfléchir à comment faire pour qu'elles soient encore là demain, plutôt de savoir comment on va la bloquer pour finir de la couler", lance-t-il alors que la grève d'octobre dans les raffineries avait partiellement paralysé le pays.

"On peut ne pas être d'accord, avoir des revendications mais cet esprit de blocage du pays à chaque fois qu'il y a un problème, je ne le supporte plus. On fait des réformes a minima pour que la rue laisse le gouvernement tranquille et tous les deux ans, il faut refaire l'affaire sur le chantier parce qu'en fait on n'a rien fait", ajoute le fromager très remonté.

"Il faut que tout le monde s'en mêle"

"Les syndicats n'ont pas gagné de bataille depuis 1995, c'était déjà sur les retraites à l'époque ", rappelle de son côté l'économiste Thomas Porcher. "Là, il faut qu'ils montrent qu'ils vont en regagner une. Il faut que tout le monde s'en mêle, notamment les artisans qui souffrent en ce moment, il faut une convergence", appelle-t-il.

La grève dans les raffineries doit débuter par un premier arrêt du travail de 24h le 19 janvier, jour de la mobilisation nationale interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Le 26 janvier, la CGT appelle à 48h de grève, puis à 72h le 6 février où une "grève reconductible avec, si nécessaire, l'arrêt des installations de raffinage" sera "proposée aux salariés", indique la CGT à l'AFP.

G.D.