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Casse de matériel, usine piégée... menacés de licenciements, les salariés de GM&S haussent le ton

Les salariés de l’usine d'équipementier automobile GM&S, à La Souterraine (Creuse), se mobilisent alors que leur usine est menacée de liquidation judiciaire. Plusieurs actions sont menées comme la destruction de machines, pour dénoncer l'attitude de constructeurs français. Les salariés les accusent de bloquer les négociations de reprise du site. Pourtant pour Vincent Labrousse, délégué CGT de l’usine, il existe des solutions de reprise.

Des salariés en colère de l'équipementier automobile GM&S à La Souterraine (Creuse), menacé de liquidation judiciaire, ont commencé jeudi à détruire du matériel et affirment avoir "piégé" leur usine. Cette action vise à faire pression sur PSA et Renault, leurs principaux clients, pour qu'ils s'engagent à maintenir un volume de commandes suffisant. 

Le site, qui compte 277 salariés, représente le second employeur privé du département. Il est placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier et une manifestation est prévue mardi à La Souterraine ainsi que mercredi à Paris. 

Pour Vincent Labrousse, délégué CGT de l’usine, toute cette violence est faite à contre-coeur mais permet d'alerter l'opinion: 

"On est prêt à aller jusqu’où les salariés nous diront d’aller. On a piégé l’usine, mais ce n’est pas de gaieté de cœur. Ça fait plus de 6 mois que l’on se bat. On avait alerté le gouvernement Valls et on se retrouve dans cette situation parce que nous avons eu des actionnaires voyous. On nous a poussé dans cette situation et la casse de l’entreprise a été organisée aussi par les constructeurs automobiles. Par contre, il y a des possibilités d’en sortir, en trouvant des repreneurs".

"Notre outil de travail, on y est attaché"

Vincent Labrousse l’affirme, les outils détruits ne mettent pas en péril la santé de l’usine, puisqu’ils sont vieux et usés. "Notre outil de travail, on y est attaché, on le fait à contre cœur. Ce que l’on veut envoyer, c’est l’image de ce que risque d’être l’entreprise si effectivement elle est liquidée. On n’en n’est pas là, il y a encore une semaine pour pouvoir agir et trouver un repreneur. Si du chiffre d’affaires est remis par les constructeurs, il y a des possibilités d’avoir un repreneur. On a des moyens de productions performants. Ce que l’on veut se sont des nouveaux outils de productions pour faire des pièces. Ceux que l’on a découpé, sont de vieux outils".

La liquidation risque d'être prononcée le 23 mai par le tribunal de commerce de Poitiers. S'ils n'obtiennent pas de réponse des constructeurs, les salariés menacent de faire sauter le site.

Les Grandes Gueules avec A. B.