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Crainte des Rouennais après l'incendie de l'usine Lubrizol: "Ça nous inquiète de vivre en face d’un danger permanent"

Un incendie a ravagé près de 10% du site dégageant un important nuage de fumée. Les habitants de Rouen ont dû se calfeutrer et s'inquiètent désormais de la toxicité du nuage.

Après la peur, place désormais à l’inquiétude à Rouen. Au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de l’usine Lubrizol classée Sevezo, et alors que la préfecture a annoncé ce vendredi que le feu était éteint, les habitants de Rouen sont dans l’attente. Si les autorités ont tenu à rassurer en indiquant que le nuage de fumée qui s’est dégagé du site n’était pas toxique, pour les habitants les doutes et les soupçons restent très présents.

Les yeux qui piquent et la gorge qui gratte encore Emma et sa fille de 10 ans Lola, ont vu le nuage noir de fumée passer juste au-dessus de leur maison.

"On se serait cru vraiment en pleine nuit. Mais l’odeur était vraiment âcre. Ça sentait vraiment très fort donc on s’est calfeutré et on a mis du scotch sur les aérations", explique Emma.

La préfecture a tenu à rassurer: il n’y a pas de toxicité aigüe. Déclaration qui a du mal à rassurer pleinement Emma. "Je ne suis pas du tout convaincu que ce ne soit pas toxique. Ça nous inquiète de vivre en face d’un danger permanent", indique-t-elle.

Troisième incendie depuis 2013

Dans les rues de Rouen, malgré la pluie et la disparition du nuage de fumée, certains habitants portent des masques. On entend parfois des gens tousser au détour d’une rue. Pour Guillaume Blavette de l’association France nature environnement, il ne faut pas minimiser l’impact de cet incendie sur la santé des habitants.

"Ce sont des huiles, ce sont des solvants, ce sont des produits chimiques et leur combustion est problématique", affirme-t-il. 

Alors pour qu’à l’avenir ce type d’incident ne se reproduise plus Guillaume Blavette demande la fermeture des sites classés Seveso proches des habitations. "Un accident ça va, deux, c’était gênant, trois, il faut arrêter les frais", appuie-t-il. 

Depuis 2013, c’est la troisième fois que l’usine Lubrizol connaît un incendie majeur sur son site rouannais.

Romain Poisot avec Guillaume Descours