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Inégalités salariales femmes-hommes : "Il faut obliger les entreprises à publier tous les salaires"

Selon le collectif féministe "Les Glorieuses", depuis 9h10 ce vendredi matin, les femmes travaillent gratuitement. C'est ce qu'elles estiment en se rapportant aux inégalités salariales entre les hommes et les femmes, alors que ces dernières gagneraient 15,8% de moins que leurs homologues masculins.

Depuis ce vendredi 9h10, les femmes travaillent gratuitement. C'est en tout cas ce qu'assure la lettre d'information féministe "Les Glorieuses", en se basant sur le calcul réalisé à partir des statistiques européennes sur l'écart de salaire entre les femmes et les hommes en France. Cette année, les femmes gagnent en moyenne 15,8 % de moins que les hommes, contre 16,5%, l'année précédente.

"Aucun employeur ne devrait sous-payer une femme au prétexte que c’est une femme", déplore ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules" Zohra Bitan, cadre de la fonction publique. Mais comment mettre en œuvre "une telle pratique pour que 100% des femmes soient payées comme les hommes?", s'interroge-t-elle.

Pour l'avocate Marie-Anne Soubré, cet écart de salaire est lié à un tabou bien français: "C'est à cause de notre honte de l'argent, on ne parle pas et on ne publie pas nos salaires. Il faudrait afficher les salaires dans toutes les entreprises", appelle-t-elle sur RMC et RMC Story.

Mais pour Thomas, un auditeur RMC, la différence de salaires a une explication. "Ce sont des biais de tous ces rapports. Ce ne sont pas les salaires que l'on compare, c'est les masses salariales. Les hommes travaillent plus aux 3x8, ils ont plus souvent un travail pénible et ont donc des primes", assure-t-il. "Ces rapports ne sont pas à poste égal", ajoute-t-il.

Des propos qui ont fait bondir Marie-Anne Soubré: "Faut arrêter de mentir, il y a aussi des femmes qui font les 3x8! Et on sait très bien qu'à compétences égales, à poste égal, les femmes gagnent en moyenne entre 15 et 20% de moins que les hommes. Ce que vous dites est totalement faux, toutes les études le démontre", tance-t-elle.

Les pistes du collectif pour supprimer les écarts

Pour inverser la balance, les militantes des Glorieuses plaident pour une revalorisation des salaires des professions où les femmes sont les plus nombreuses: "Les emplois de soin et d'éducation, très féminisés, qui ont été cruciaux ces trois dernières années pour la France, font partie des emplois les moins bien valorisés en termes de salaires", appellent-elles.

Elles demandent également une évolution du congé maternité et paternité. Elles souhaitent aussi conditionner l'accès aux marchés publics, l'obtention de subventions et de prêts garantis par l'Etat "au respect de l'égalité salariale".

G.D.