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La France n'a jamais assumé ce qu'elle est: un grand pays d'immigration

Selon un rapport de l'OCDE, en France, les demandeurs d'asile ont plus de difficulté à intégrer le monde du travail que dans d'autres pays européens.

Les réfugiés et migrants ont du mal à s’intégrer, notamment sur le marché du travail. Selon un rapport de l’OCDE, il faut aux réfugiés environ 20 ans de plus que n’importe quel habitant pour atteindre le même taux d’emploi aux mêmes conditions.

Pourtant parmi les réfugiés qui arrivent en France, environ 30% ont un niveau d’éducation supérieur. En Europe, près de 30% des demandeurs d’asile sont des jeunes de moins de 17 ans "très motivés pour commencer à travailler" note le rapport. 

Mais c’est en France que l’accès au marché du travail est le plus compliqué. En effet, trois millions de personnes âgées de 15 à 34 ans ne sont ni en formation, ni employé et 40% sont des jeunes issus de l’immigration. À titre de comparaison, en Allemagne, en Suède mais aussi en Suisse, cette part est seulement de 10%. Pour Aurélien Taché, député LREM du Val d’Oise, en charge de l’immigration dans le cadre de la campagne européenne du parti LREM, cette situation est notamment dû au fait qu’en France, les migrants doivent attendre plus longtemps avant de pouvoir travailler.

"En Allemagne, en trois mois, vous pouvez travailler. Et dès le centre d’accueil où vous arrivez le premier jour, où on vous fait la phase administrative pour savoir d’où vous venez, il y a pôle emploi qui va prendre en compte ce que vous savez faire, pour vous orienter vers un métier ou une région", explique-t-il.

Vers des quotas en Europe ? 

À l’inverse en France, les demandeurs d’asile sont interdits de travailler plus longtemps, six mois au lieu de neuf depuis l’adoption de la loi asile et immigration. Pour le député, c’est encore trop long et il estime qu’on pourrait aller plus vite. Cependant, il reconnaît aussi que la France n’a jamais assumé ce qu’elle est, "un grand pays d’immigration". Il estime également qu’"on a du mal à sortir de cette culture du diplôme" par rapport à d’autres pays. 

Il estime ainsi que, notamment pour les métiers où il y a des besoins, la France réfléchisse à instaurer des quotas professionnels.

"Je pense que c’est une idée qui devrait être étudiée sérieusement. On parle de la campagne des Européennes, on pourrait imaginer que le Parlement européen regarde en matière d’immigration légale et professionnelle, ce qui pourrait être souhaitable pour l’Europe chaque année, et quels sont les besoins dans les différents pays d’Europe", affirme-t-il. 

Une méthode des quotas déjà utilisée dans d’autres pays comme au Canada. Aurélien Taché affirme qu’il souhaite que cette proposition soit portée par La République En Marche pendant la campagne des Européennes. 

Guillaume Descours