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La suppression de l'ISF, une réforme qui peine à porter ses fruits

Selon un rapport de France-stratégie, les plus aisés qui ont bénéficié de la suppression de l'ISF ont préféré dépenser l'argent économiser pour se faire plaisir ou maintenir leur train de vie plutôt que d'investir dans les entreprises.

C'est peut-être la mesure fiscale la plus emblématique du quinquennat : la suppression de l'ISF. Instaurée en 2018, elle avait valu à Emmanuel Macron l'étiquette de "président des riches". Il s'était donc engagé à l'évaluer lors de sa conférence de presse du grand débat national, fin avril.

C'est désormais chose faite : France-stratégie a rendu public son premier rapport hier. Ce document rappelle une évidence : ce sont surtout les 15% les plus aisés qui ont bénéficié de cette réforme, avec une économie annuelle de 6 500 euros, en moyenne. Mais le principal enseignement, c'est que les effets de la réforme sur le financement des entreprises ne sont pas visibles.

Les auteurs du rapport restent prudents. Il est encore trop tôt pour savoir si les plus riches ont réinvesti dans les PME l'argent économisé grâce à la suppression de l'impôt sur la fortune, mais les 300 pages du document révèlent tout de même quelques indices, grâce au ressenti des professionnels du secteur. Au total, 90 banquiers et gestionnaires de patrimoine ont été interrogés.

Amélioration de l'attractivité fiscale

Une majorité d'entre eux constate que l'argent économisé grâce à la réforme a été dépensé par leurs clients fortunés, pour maintenir leur train de vie ou "se faire plaisir", selon leurs mots ou alors ce surplus a été épargné dans les assurances-vie. Des placements sur les marchés financiers qui profitent très peu aux PME. 

Bercy rappelle que ces tendances sont insuffisantes pour tirer des conclusions, et insiste sur un autre enseignement du rapport : la réforme aurait permis d'améliorer l'attractivité fiscale de la France.

Victor Joanin avec Guillaume Descours