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Le travail moins essentiel pour les jeunes: "Si je pouvais m’en passer, je serais heureux"

Les Français ne voient plus le travail comme une essentialité. Depuis la crise sanitaire, ils sont nombreux à aspirer à autre chose qu'un emploi toute la semaine derrière un bureau. Un changement de paradigme qui inquiète les anciennes générations.

Depuis la crise sanitaire, 1 Français sur 3 a changé sa vision du travail. Selon une enquête publiée par Le Figaro, seulement 24% des Français en activité estiment que le travail est très important dans leur vie, contre 60% en 1990.

Chez les jeunes, 64% des 18-24 ans sont favorables à la semaine de quatre jours et le 100% présentiel serait devenu pour eux un motif de démission. Des transformations qui traversent le monde du travail depuis la pandémie. En effet, la France compte actuellement 9 millions de télétravailleurs. "Plus rien ne sera jamais comme avant au travail", clame une récente note de la Fondation Jean Jaurès.

"Ce qui est essentiel, c’est de nourrir sa famille"

Les cadres et les travailleurs tertiaires sont les plus concernés alors que 500.000 Français ont choisi de démissionner entre janvier et mars 2022, un record depuis la crise financière de 2008.

"Ce qui est essentiel, c’est d’avoir de quoi se nourrir et nourrir sa famille", estime, ce mardi sur RMC et RMC Story, Bruno Poncet. "Mais pour moi, le travail ce n’est pas essentiel. Si je pouvais m’en passer, je serais heureux. Ce n’est pas le boulot qui me fait rêver tous les matins, pourtant je fais un travail qui me plaît. Mon essentiel, c’est d’être heureux", ajoute le cheminot.

"À mon époque, on cherchait une carrière mais aujourd’hui, je comprends les jeunes qui à force de voir leurs parents se casser les reins au travail, veulent avoir le droit de choisir", estime Bruno Poncet

"Un manque d'ambition"

Pour Bruno Pomart, le travail "structure la vie" mais il faut privilégier sa santé. "Il faut se donner des objectifs, travailler pour nourrir sa famille. Mes parents travaillaient 7 jours sur 7. Quand mon père m'a dit qu'il fallait que je reprenne son établissement, j'ai dit 'non'. J'ai vu mes parents bosser et s'esquinter la santé. Je pense que les jeunes générations voient la vie autrement", croit-il savoir.

A contrario, Sarah Saldmann assure être pro-travail et y voit "un manque d'ambition". Et pour l'avocate, si le travail n'est plus le moteur de la vie des jeunes, elle les invite à s'installer à la campagne.

"Dans ce cas-là, ils vont à la campagne, ils créent leur potager, sont en totale autonomie et ne demandent rien à personne. Mais dans ce cas-là, il ne faut pas venir pleurer. Mes impôts n'ont pas à payer la médiocrité de ceux qui ne veulent rien faire", invite Sarah Saldmann.

Malgré tout, le taux de chômage reste stable en France à un niveau très bas avec un taux de 7,2% au second semestre de 2022. Paradoxalement, de nombreuses entreprises peinent à recruter actuellement.

G.D.