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Menaces, vigiles, appels enregistrés: après la mort d'une conseillère, Pole Emploi renforce la sécurité des agences

Pôle emploi va renforcer la sécurité de ses conseillers, a indiqué mercredi la direction, une semaine après le drame qui a frappé l'opérateur public à Valence avec le meurtre d'une conseillère.

9.000 signalements en 2020 pour des agressions ou incivilités: la violence dans les agences Pole Emploi est bien réelle, comme le confiait sur RMC, Stéphane Joncour, secrétaire du Conseil économique et social central de Pôle Emploi. 

Après le drame qui a frappé l'opérateur public à Valence avec le meurtre d'une conseillère la semaine passée, Pôle emploi va renforcer la sécurité de ses conseillers. Dans une réunion entre le Comité social et économique et la direction de Pôle Emploi mercredi, plusieurs pistes ont d'ores et déjà été évoquées, après l'annonce d'un plus fort recours aux agents de sécurité privé lundi, par le directeur général de l'opérateur public.

Rapidement, donc, des vigiles, à l'entrée des pôles emploi, pourront faire des inspections visuelles de sacs. Ils pourraient également intervenir pour apaiser les tensions. Le recours à des forces de sécurité privées existait déjà ponctuellement mais il devrait être étendu. une annonce jugée rassurante par la CFDT le principal syndicat de Pôle Emploi.

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Ce qui va changer

Parmi les autres pistes proposées par la direction, l'enregistrement des entretiens téléphoniques entre les conseillers et les demandeurs d'emploi. La vidéosurveillance pourrait également être étendue dans les agences. Des mesures qui permettraient d'apporter des preuves pour porter plainte par la suite... La politique de suivi des signalements d'incidents sera également renforcée et simplifiée et le dépôt de plaintes sera appuyé plus systématiquement selon la direction, évoquant aussi un renforcement de la formation des managers et conseillers ou encore une accélération des diagnostics de sûreté des agences réalisés avec les forces de l'ordre.

Mais la réponse sécuritaire "ne peut pas être la seule réponse" s'indigne une élue CGt. Au niveau politique, tous les syndicats s'inquiètent surtout de la remise en route du projet de réforme de l'assurance chômage, dans un contexte explosif, de forte hausse attendue du chômage dans les prochains mois.

La direction a rappelé les mesures de sécurité déjà en place, citant la formation de près de 10.000 agents à la gestion des tensions, la présence de boutons sur chaque ordinateur pour alerter en cas de problème, ou encore le système de fiches de signalement pour gérer les situations d'agression. Des demandeurs d'emploi peuvent aussi se voir interdire d'agence.

Menaces verbales

L'opérateur public a recensé "un peu plus de 9.000 signalements" d'agressions ou incivilités en 2020, année "atypique" du fait de la crise sanitaire en raison notamment des confinements. C'est moins qu'en 2019 où le chiffre était de 10.000.

Parmi les signalements, moins de 7% concernent des menaces verbales graves et moins de 1% des actes de violence physique, le reste pouvant être des écarts verbaux ou impolitesses. L'ensemble des signalements représente 0,2% des visites (4,4 millions) en agence et moins de 0,05% des appels téléphoniques (19 millions), a souligné la direction, précisant que ces faits ont débouché sur 233 plaintes en 2020.

Martin Cadoret