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Militant au Front national, il assure subir de la discrimination à l'emploi: "c'est presque courant pour nous"

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- - Illustration - AFP

Daniel Auguste, Président du collectif Marianne, une association étudiante affiliée au Front national, affirme subir des discriminations à l'embauche en raison de son appartenance au parti d'extrême-droite. Il raconte pour RMC.fr.

Daniel Auguste, 22 ans, est étudiant à la Sorbonne. Président du collectif Marianne, il est également secrétaire pour le deuxième arrondissement de la fédération FN Paris.

"J'avais déposé un dossier pour un emploi avant de partir en vacances, et la personne m'a contacté par téléphone à mon retour, pour me dire que ce n'était pas possible en raison de mon engagement politique.

Je lui ai demandé comment il savait que j'étais engagé politiquement et il m'a répondu qu'il avait tapé mon nom sur Google. Habituellement on me dit plus 'vous avez un bon profil mais vous êtes très engagé'.

Là c'était la première fois qu'on me l'a dit aussi ouvertement. Mais ce n'est pas le première fois que ça m'arrive: on m'a déjà refusé de m'ouvrir un compte bancaire, lorsque j'étais engagé dans la campagne de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle.

Se voir refuser un emploi c'est quelque chose de presque courant pour nous. C'est arrivé à de nombreuses personnes au Front national. À partir du moment où on est 'googlelisable', on fait le lien avec nos activités au FN.

"Les gens ont peur de quelqu'un d'engagé en politique"

Pour moi, la discrimination politique c'est pareil que la discrimination raciale ou celle liée au sexe. Je ne pense pas que ça puisse arriver à quelqu'un d'autre en politique. Peut-être à quelqu'un de la France insoumise, venant d'un employeur de droite, parce que derrière on peut voir la CGT ou les syndicats. Mais j'étais à l'UMP avant de venir au FN et je n'ai jamais eu de problèmes. 

Le problème lorsqu'on est engagé en politique c'est qu'il y a beaucoup de fantasmes. Les gens s'imaginent qu'on peut avoir des passe-droits, ils ont peur de quelqu'un d'engagé en politique. Il y a une défiance, parce qu'on s'exprime dans les médias, parce qu'on s'exprime en public, ça peut inquiéter un chef d'entreprise.

"Je ne vais pas engager de recours"

Je me suis toujours battu pour assumer ce que je suis totalement, autant sur le plan personnel que le plan public. Je suis au Front national, c'est un passage de ma vie que j'assume tout à fait, comme d'autres engagements politiques ou associatifs. Je ne compte pas cacher mes activités politiques sur internet.

Je ne vais pas engager de recours. Il faut une preuve et les procédures sont longues et compliquées. Je ne vais pas perdre du temps avec des gens comme ça".

Propos recueillis par Guillaume Dussourt