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Mort d'un agent du fisc: dans les services publics, les incivilités ou les violences se multiplient

C'est le ressenti de beaucoup d'agents des services publics, une tension grandissante avec les usagers. Des tensions qui vont parfois jusqu'à des actes de violences.

Le meurtre de l'inspecteur des finances publiques dans le Pas-de-Calais met la lumière sur les incivilités ou les violences subies par les agents de services publics. Insultes, menaces de mort, agressions physiques: le quotidien des personnels des CAF, de Pôle emploi ou encore des caisses de retraite est de plus en plus difficile à cause d'usagers mécontents.

Pour ceux qui répondent aux coups de téléphone des usagers ou qui les accueillent derrière un guichet, les incivilités ou les violences se multiplient. Selon Guillaume Dannard, responsable CFDT à la Sécurité sociale, elles sont même devenues quotidiennes.

“Elles se multiplient parce qu’il y a une dégradation forte du service rendu à nos assurés, puisque les délais pour traiter les dossiers s’allongent. Et mécaniquement, ça crée de l’incivilité quand nos concitoyens n’arrivent pas à avoir les droits en temps et en heure", indique-t-il.

L'anonymat réclamé

Pour garantir la sécurité des agents, des vigiles sont embauchés, des caméras de vidéosurveillance installées. Les agents Pôle emploi des Pays-de-la-Loire ont aussi demandé à ce que leur nom ne figure plus sur les dossiers, pour rester anonymes aux yeux des usagers.

“On a déjà plusieurs exemples de collègues qui se font épingler sur le net avec leurs noms et prénoms. Ils se font insulter, menacer”, énumère Anne-Cécile Tregret, déléguée Force ouvrière.

Face au refus de la direction locale de Pôle emploi, les agents ont saisi la justice prud'homale, qui décidera si la demande d'anonymat est justifiée. Réponse en mai prochain.

Victor Joanin avec Guillaume Descours