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"Pour l'instant, on va dire que c'est une bonne nouvelle": les salariés d'Ascoval soulagés mais prudents après la reprise de l'aciérie

L'aciérie de Saint-Saulve a trouvé un repreneur: le tribunal de Grande Instance de Strasbourg a confié ce jeudi l'avenir des 270 salariés de l'usine à British Steel, principal candidat à la reprise. British Steel, un sidérurgiste anglais, mastodonte du secteur avec un chiffre d’affaires à 1,4 milliard de livres en 2018.

Soulagement pour les salariés d'Ascoval. L'aciérie s'appellera à partir du 15 mai, minuit, date effective de la cession, "British Steel Saint Saulve". Pour l'instant sans commandes, la production est à l'arrêt jusqu'au 13 mai, mais Ascoval compense ces pertes de salaires par une mesure de chômage technique.

"On est contents mais c’est quand même assez retenu"

Après quatre longues années d'incertitude, c'est donc le soulagement qui domine chez les salariés. Mais le délégué syndical CGT, Nicolas Lethellier, attend encore la reprise réelle du travail.

"On est rassurés d’être repris par un gros groupe en plus donc c’est vrai que pour l’instant on va dire que c’est une bonne nouvelle. Néanmoins, il reste encore une longue période de chômage avant de sortir la tête de l’eau. On est contents mais c’est quand même assez retenu. On sera serein que quand l’aciérie sera chargée à 100%. Ce sera vraiment très rassurant pour nous de ne plus chômer et puis après, créer une quatrième voire une cinquième équipe. Là on pourra dire que les mauvaises choses sont derrière nous et que le soleil est là".

"Avec de la détermination politique, de la cohésion, on peut faire des miracles"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire était sur place ce jeudi. Il se félicite de cette reprise.

"C’est l’aboutissement heureux d’un long combat. Je voudrais vraiment citer Ascoval en exemple. D’abord, pour les salariés, parce que ce sont les salariés qui ont sauvé Ascoval. C’est un exemple aussi parce que nous avons travaillé collectivement pour trouver une solution. On n’a pas regardé la couleur politique de l’un, la couleur politique de l’autre. On s’est dit, on va sauver cette aciérie. Ascoval est un magnifique succès qui montre qu’avec de la détermination politique, avec de la cohésion, on peut faire des miracles".
La rédaction