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Réforme des retraites: comment les syndicats se préparent avant la mobilisation du 19 janvier

Après la présentation de la réforme des retraites, les syndicats ont d'ores et déjà appelé à la grève le 19 janvier. D'ici là, ils vont essayer de convaincre au maximum pour gonfler les rangs de la mobilisation.

Deux jours après les annonces du gouvernement sur la réforme des retraites, le mouvement de contestation se met en marche. La journée du 19 janvier fera figure de test: les Français sont-ils prêts à descendre massivement dans la rue? La réponse donnera le ton de la mobilisation. Force ouvrière prédit plus de 2 millions de manifestants au total et Philippe Martinez (CGT) affirme croire à un remake des grèves victorieuses de 1995.

Pour y parvenir, les centrales syndicales sont sur tous les fronts: tracts, réunions publiques, réseaux sociaux, médias. Mais tous les militants aguerris le savent: un mouvement fort et durable met du temps à se construire. Et en interne, plusieurs cadres critiquent le choix de la date du 19: "délai trop court, calendrier hors sol" peste le responsable d'une importante fédération de transport. Les centrales se réuniront le 19 au soir pour faire le bilan et préparer la suite. Une nouvelle date, le mardi 24, est déjà envisagée. Et se posera vite la question des vacances de février qui commenceront le 4 et qui risquent de mettre un coup d'arrêt au mouvement.

Un jeudi noir dans les transports franciliens?

Sur le terrain, les bastions syndicaux, habitués à se mobiliser, se préparent à la bataille. À la RATP, les militants syndicaux sont passés en mode commando. Ils ont une semaine pour convaincre.

“On va aller voir les collègues tous un par un pour qu’ils se déclarent grévistes et pour qu’ils participent à la manifestation”, explique Pierre Yaghlekdjian, responsable à la CGT. Il espère un jeudi noir dans les transports franciliens.

“L’objectif, c’est le moins de bus possible, le moins de métro, le moins de RER. Et s’il faut que ce soit aussi fort ou plus fort qu’en 2019, on fera tout pour le faire”, assure-t-il.

En 2019, au début du mouvement contre la précédente réforme des retraites, plus des deux tiers des enseignants avaient fait grève selon les chiffres des syndicats.

De nouveau des pénuries d'essence?

Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU, pense pouvoir mobiliser autant, malgré un délai beaucoup plus court.

“Là, on a moins de temps pour scénariser, pour théâtraliser l’importance du moment, mais on pense que ça peut être le cas parce que si on en juge par les premiers retours qu’on a sur le terrain, les mesures qui ont été annoncées par Élisabeth Borne sont très mal accueillies. Pour les générations qui ont 40-50 ans aujourd'hui, ça va vouloir dire retraite à 67 ans si on veut le taux plein”, appuie-t-il.

Dans cette bataille qui s'ouvre, chaque secteur a sa propre stratégie. Avec plusieurs journées de grève jusqu'à début février, ont annoncé les raffineurs, et une grève illimitée dès le 19 janvier pour les électriciens.

Victor Joanin avec Guillaume Descours