RMC

Un mois après le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, peu de manifestants attendent encore quelque chose des négociations

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté en France samedi. Pourtant, alors que la semaine qui arrive s'annonce décisive, beaucoup n'ont plus l'espoir que les négociations entre syndicats et le gouvernement n'apportent quelque chose.

Cela fait désormais un mois que la grève contre le projet de réforme des retraites a commencé dans tout le pays. Depuis un mois, de nombreuses professions sont en grève et causent des perturbations, notamment dans les transports à la SNCF et en région parisienne à la RATP. 

Et si le gouvernement ne cède pas, du côté des manifestants non plus. Samedi, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Toulouse, Marseille ou encore Paris où ils étaient environ 3500 selon la police, pour demander le retrait de la réforme des retraites. 

Gérard, gilet jaune sur le dos, attend des avancées dans les négociations de la semaine prochaine. "On l’espère parce qu’on ne se bat pas pour rien", indique-t-il, mais il ne se fait guère d'illusion. "Je ne pense pas que Macron donnera forcément tort à ses ministres à trois balles", affirme-t-il. 

Des négociations qui porteront notamment sur la pénibilité. Géraldine est concernée, elle est infirmière en psychiatrie.

"On s’occupe des gens, on porte les gens, mais vraiment à bout de bras. C’est lourd comme travail", confie-t-elle. 

Prochaine mobilisation nationale le 9 janvier

Mais quand on lui demande si elle attend des avancées ? "Aucune. Et justement si le gouvernement s’amuse à jouer sur le corporatisme de certains, nous sommes contre, car on pense que c’est ensemble ou rien", explique-t-elle.

Pour Benoit Martin, secrétaire général de l'union départementale CGT de Paris, le gouvernement a laissé passer sa chance de calmer le mouvement de protestation.

"Ce n’était pas la pénibilité, c’était l’âge pivot. Et le gouvernement ne s’est pas saisi d’une possibilité de partiellement désamorcer, voire diviser le mouvement", explique-t-il. 

Prochain test pour syndicats et gouvernement, le 9 janvier, jeudi prochain, avec un appel national à la grève et la manifestation.

Rémi Ink avec Guillaume Descours