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Faut-il un service public du cannabis? Des députés portent un projet de loi

François-Michel Lambert était l'invité des Grandes Gueules ce mercredi sur RMC. Il porte une proposition de loi visant à créer une sorte de "service public" du cannabis pour contrôler la production et la vente.

Contrôler le marché pour enrayer l'économie des dealers ? Des élus tentent de créer un élan autour de la légalisation du cannabis. François-Michel Lambert (Parti radical de gauche), député des Bouches-du-Rhône est porteur d'une proposition de loi visant à créer une Société d’exploitation du cannabis (SECA), un organisme public destiné à contrôler ce marché réservé aux dealers et soumis à la violence dans le pays. 

Invité de RMC ce mercredi, il est venu préciser son projet de SECA, une société d'exploitation "officielle" pour permettre de contrôler la chaîne entière de la production à la vente.

"S’assurer de produits de qualité, de conformité, et d’éviter les trafics parallèles"

"Personne ne peut nier l’échec de la politique de répression, et donc il faut inverser cela complètement et contrôler la distribution et la production du cannabis. Avec des semences certifiées auprès d’agriculteurs agrées jusqu’aux buralistes. On contrôlerait de la production de la graine jusqu’à la vente du produit fini pour s’assurer de produits de qualité, de conformité, et d’éviter les trafics parallèles."

Reste le problème de la consommation, et de s'assurer que les clients ne n'abusent pas du produit. François-Michel Lambert estime tout de même qu'avec une SECA la France pourrait "éviter" des soucis de santé majeurs en limitant le taux du substances psychotropes et en assurant qu'il n'y ait aucun additif nocif dans le produit.

"Il y a un risque d’augmentation de consommateurs de cannabis, mais..."

"Niveau de THC limité car il y a tout et n’importe quoi sur le marché et des conditions de production sans pesticides et sans produits chimiques ajoutés. Car le produit actuel on ne sait pas ce qu’il y a dedans. On peut éviter des problèmes de santé lourds liés pas qu’au cannabis mais aussi aux adjuvants"

Problème, au Colorado où le cannabis est légalisé, le marché noir se maintient car les produits "officiels" auraient des prix trop élevés. 

"Il y a un risque d’augmentation de consommateurs de cannabis", concède le député. "Mais ce que l’on constate dans certains pays c’est qu’il y a une baisse de la consommation de l’alcool. Il faut regarder la globalité des citoyens face aux différents produits."
James Abbott