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"Il y a des comportements à risque avec des gens qui ne connaissent pas la montagne": le coup de gueule d'un maire du Vercors sur RMC

Michael Kraemer assure que l'Etat a fait une erreur en décidant de ne pas permettre l'ouverture des remontées mécaniques.

Pas de ski pour les vacances de Noël. Le gouvernement a décidé de ne pas rouvrir les remontées mécaniques dans les stations. Selon le Premier ministre, Jean Castex, cela vise notamment à réduire les flux de personnes qui seraient rendus dans les stations. 

Cependant, si la fréquentation est en forte baisse, certains ont choisi de tout de même se rendre à la montagne pour pratiquer d’autres activités, quelquefois moins encadrées et donc plus à risque comme le ski de randonnée. 

C’est le cas à Lans-en-Vercors où le maire, Michael Kraemer, alerte sur la situation. 

“On a quand même énormément de monde en montagne et surtout on a beaucoup de monde qui ne sont pas encadrés. On avait déjà tiré la sonnette d’alarme cet été quand la montagne était devenue une valeur refuge pour des personnes qui ne connaissaient pas les codes de la montagne. Et aujourd’hui, force est de constater qu’on est encore une valeur refuge, que les gens ont besoin de s’aérer et ce week-end, on a été débordé par le monde. Il y avait beaucoup de nouveaux pratiquants. Ce qu’on a voulu éviter en fermant les remontées mécaniques, c’est-à-dire le brassage de population et la traumatologie, et bien, on était en plein dedans, parce qu’aujourd’hui il y a des comportements à risque avec des gens qui ne connaissent pas la montagne”, indique-t-il au micro de RMC. 

Il estime que le gouvernement, en fermant les remontées mécaniques, a supprimé “ce qui permettait d'accueillir les gens”. “Par les remontées mécaniques, on canalise habituellement les personnes. On aurait pu sensibiliser, faire appliquer un protocole, accompagner les gens pour conserver les gestes barrières. Là, ce n’est pas le cas, on a des gens qui viennent et qui font fis de tous les gestes barrières”, détaille le maire. 

Une ouverture le 7 janvier? 

Il alerte également sur l'engouement autour du ski de randonnée. Une pratique qu’il juge à risque, car beaucoup s’adonnent à ce sport sans précaution et sans connaître la montagne et ses risques. 

“On nous a lié les mains pour tout ce qui est accueil. Moi, j’ai des professionnels qui me demandent s’ils ont le droit d’encadrer des personnes… Et tout ça c’est flou. Aujourd’hui, les gens profitent de la nature sans en connaître les codes et sans être accompagné", regrette-t-il. 

Une date a été avancée par le gouvernement pour la réouverture des remontées mécaniques: le 7 janvier. Mais Michael Kraemer se dit très prudent. “Depuis quelque temps, je ne crois plus à grand-chose. Tout ce qui est au conditionnel… J’attends d’être le jour J pour me réjouir. “Depuis quelque temps, je ne crois plus à grand-chose. 

Guillaume Descours